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Le Président Jacques Chirac en visite d’Etat au Maroc en octobre

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26 juillet 2003 - 14h41 - Monde

Les rencontres entre gouvernements portent désormais les habits économiques du bilatéral. Résultat, quand les représentants d’Exécutif se réunissent, les hommes d’affaires et autres opérateurs privés ne sont jamais loin, bien au contraire, à portéJeudi 24 juillet, dans un grand palace de Rabat, pour reprendre l’expression consacrée, les entreprises marocaines et françaises tenaient symposium, en marge de la cinquième rencontre maroco-française des chefs de gouvernement. Alors que Driss Jettou attendait l’arrivée de Jean-Pierre Raffarin –qu’il avait d’ailleurs rencontré à Paris le 16 juin dernier- les opérateurs économiques tenaient forum sur le thème des grandes infrastructures économiques et sociales en terre marocaine. e d’opportunités à saisir.

« En clair, les travaux sont axés sur les centres d’intérêt des entreprises marocaines et françaises concernées par les chantiers des grandes infrastructures socio-économiques », explique l’une des chevilles ouvrières de ce symposium dont l’objectif avoué et assumé est « de souligner l’intérêt et l’implication des milieux d’affaires dans la mise en œuvre d’un engagement plus conséquent dans les grands chantiers structurants que le Maroc a ouverts en matière de grandes infrastructures à caractère économique et social ».

L’exercice est donc consacré : responsables gouvernementaux, institutionnels et milieux d’affaires forment ensemble les relations entre Etats et les délégations officielles ne se composent plus seulement de ministres. Le Premier ministre Jettou ne s’y trompera pas lorsqu’il dira que « Les opérateurs privés sont d’ores et déjà les acteurs principaux de la relation franco-marocaine » et que « l’intensité et la pérennité de cette relation dépendra dans une large mesure de la qualité des partenariats qu’ils ont su et sauront tisser entre eux ».

Aux premières heures de l’après-midi, ce 24 juillet, responsables des organismes financiers engagés dans la coopération entre le Maroc et la France et plusieurs dizaines de chefs d’entreprises ouvraient le débat. Pupitres, écrans géants, diaporama et animation à la fois pro et conviviale de Thami Ghorfi, l’image était résolument d’un pays, immense chantier, terre fertile en opportunités à saisir et de partenariats à nouer. Le temps n’est pas aux discours, monuments de bonnes intentions ni aux slogans.

Un pays en chantier

En deux panels – présentation des grands programmes au Maroc et identification des besoins ainsi que le financement des projets- l’ambition devait se faire réalité : rendre compte de l’importance et de l’ampleur des grands chantiers d’infrastructures économiques et sociales en cours de réalisation ou programmés par le gouvernement marocain à l’horizon 2007. Au menu et au cœur de cet échange maroco-français, l’équipement, les transports, l’habitat, la santé et l’eau potable. D’immenses chantiers et de grands travaux, porteurs de cette forte volonté gouvernementale de « vouloir changer la physionomie même du pays ».

Dans la salle, l’échange se poursuivra avec les ministres marocains et français. Des chiffres, des projets, des ambitions. Karim Ghellab, le ministre de l’Equipement et des Transports, parle avec faconde et passion « d’un pays en chantier » et de ces « projets d’infrastructures réalisés avec offensive », et du « développement des infrastructures érigé en priorité gouvernementale ».

Le ministre presque quadra évoque ces 1500 km d’autoroutes à l’horizon 2010 et de ces 570km d’autoroutes non- encore concédées à réaliser avant 2010. Le nouveau port Tanger-Méditerranée, la libéralisation du ciel, le transport des marchandises n’obéissant plus au système des agréments. Taoufik Hjira vendra à son tour la politique d’habitat social du gouvernement auquel il appartient. « Un rythme de production de 100 000 unités d’habitat social par an et une offre de 11 000 euros ». Le ministre de la Santé M. Biadillah dressera le récapitulatif de toutes les opportunités à saisir en matière de santé.

Cliniques mobiles, centre national de prise en charge de la douleur, centre national d’antidopage, centres d’oncologie, CHU d’Oujda, etc ; les projets témoignent de la politique marocaine construite désormais sur l’accès au soin. Gilles de Robien, en charge de l’Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer, ne tarira pas d’éloges sur cette troisième voie selon laquelle « il est possible de travailler ensemble grâce aux investissements privés ». « Nous sommes heureux de participer à ce merveilleux projet dans lequel on sent une vraie volonté politique ».

Dans la salle, les réactions n’en finissent pas, entre témoignages et vécu de représentants de grands groupes internationaux au Maroc. Entre autres morceaux choisis, celui de l’un des patrons de la LYDEC, à Casablanca : « Il s’agit de passer d’une logique de service public à une logique de service au public. »

A 18 heures, c’est une fébrilité manifeste dans les grands couloirs du palace abritant le symposium qui accueille l’arrivée des deux Premiers ministres, Jean-Pierre Raffarin, qu’accompagnent dans son périple marocain 38 journalistes français, et Driss Jettou. La clôture du symposium peut commencer.

Jettou salue ces institutionnels, officiels et opérateurs français qui « sauront ensemble accompagner le Maroc dans son entreprise globale économique et sociale », Raffarin se félicite de ce désir « de progresser ensemble selon trois volontés : le Maroc, la France et les opérateurs privés » et « l’engagement dans le combat commun en faveur du développement ». A la presse, le chef de gouvernement français déclarera : « Avec le gouvernement marocain, le gouvernement français souhaite faire en sorte qu’un certain nombre de projets communs puissent mobiliser nos interventions et participer à cette dynamique de partenariat ». Et d’annoncer dans la foulée la visite d’Etat au Maroc du Président de la République française, Jacques Chirac, début octobre.

« Ce sera l’occasion de finaliser un certain nombre de projets que je vais proposer ». En début de soirée du 24 juillet, quelques instants après la clôture du symposium, les rencontres sectorielles entre ministres français et marocains pouvaient commencer. Vendredi, très tôt dans la matinée, le séminaire intergouvernemental franco-marocain était inauguré dans la grande salle Balafrej au siège du ministère des Affaires étrangères. Et c’est dans l’après-midi, après l’audience Royale à Tétouan, que Jean-Pierre Raffarin devait s’envoler à destination de Paris.

MM. Dris Jettou et Jean Pierre Raffarin présidant le séminaire intergouvernemental Cérémonie de signature

Lematin

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