Se marier, à quel prix ?

- 18h29 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le temps où le mariage nécessitait la présence de douze témoins est révolu au Maroc. Actuellement, c’est une véritable industrie qui a été mise en place. Les préparatifs durent en moyenne cinq à six mois, quand ce n’est pas une année.

Et bien évidemment, le budget devient conséquent. Un proverbe marocain dit : « Le mariage d’une nuit nécessite une année de préparation ». Ainsi, il faut commencer par hiérarchiser les étapes pour le déroulement de la soirée. Priorité à la location de la salle ou de la maison où se déroulera la cérémonie. Un problème qui ne se pose pas si l’on dispose déjà d’un chez-soi apte à abriter ce type d’événement.
Pour la location, aujourd’hui, une pléiade de disponibilités existe. D’abord, les salles de fête des hôtels. Ces derniers ne proposent plus la simple location de la salle incluant les tables, les chaises et la décoration. Ils imposent le dîner en sus. Coût de l’opération entre 650 à 1.200 dirhams par personne.

Le Royal Mansour, par exemple, propose sa salle d’une capacité de 250 personnes à la location uniquement pour le mois d’août. Viennent ensuite les salles appartenant à la municipalité qui se louent entre 7.500 et 8.500 dirhams. Et celles très prisées de la corniche casablancaise, qui ont de nombreux adeptes. Toutefois, d’après plusieurs témoignages, il serait possible de louer une salle de fête municipale à un prix nettement inférieur, qui avoisinerait les 5.000 voire 6.000 dirhams. L’astuce est que la cérémonie sera inscrite sur le registre en tant que réception et non un mariage, ce qui justifiera le prix.

En ce qui concerne les salles de fête privées, le prix varie entre 25.000 en basse saison et 50.000 dirhams en haute saison pour une contenance variable de personnes (200, 400 et 800). C’est le cas du Paradise Club même si aucun prix n’a été mentionné. Il existe également des villas qui sont louées pour ce genre de célébration. Quant aux personnes détenant elles-mêmes ces villas, elles font appel au traiteur. Ce dernier décore et aménage le jardin qui fera office de salle de fête. Le traiteur est une des pièces maîtresses du feuilleton nuptial. Ces dernières années, le Maroc a connu la floraison de cette activité. « Ils sont devenus tellement nombreux qu’il est difficile de faire son choix », explique Leïla Benjelloun, gérante du traiteur Amande et Miel.
Pourtant, les prestations se ressemblent en théorie. Actuellement, la carte du traiteur se décline en trois options. Le cocktail dînatoire, le buffet et le dîner complet. Les prix dépendent de la formule, et de son contenu. Ainsi, pour un cocktail dînatoire, les prix varient entre 400 et 800 dirhams par personne. Au menu : gâteaux salés, sucrés, jus, limonades, café et harira pour le petit matin. Ceux qui choisissent la formule « alcoolisée » devront certainement débourser plus.
Plus le client est exigeant, plus les prix grimpent. Ainsi, des stands chawarmas ou encore des dizaines de variétés de grillades peuvent être proposés. Quant à ceux qui optent pour le dîner, ils se verront proposer une table de dix personnes entre 3.500 et 8.000 dirhams. Et pour cette prestation, deux formules sont déclinées. Un dîner traditionnel : mechoui, pastilla, dessert. Ou bien un dîner « moderne » : salade royale, poisson (saumon, langoustine), une viande, un gâteau et le dessert. Les boissons et le service sont compris dans le prix. Mais le menu peut être haut de gamme, selon les moyens des clients. « La table peut même coûter 10.000 dirhams, elle comportera de la haute gastronomie », explique un traiteur de la place. Pour ceux qui choisissent le buffet, il leur en coûtera minimum 500 dirhams par personne. A la carte, un assortiment d’entrées et de plats froids ou chauds, où se mêlent foie gras, nems, sushis, etc.

Le volet décoration n’est pas en reste, du plus simple au plus sophistiqué. Nappes traditionnelles brodées au fil d’or, centre de table fleuri, argenterie, vaisselle de marque, verres en cristal, sous-plats sophistiqués, etc. En général, le traiteur se charge de la décoration. Rahal, par exemple, personnalise le décor en fonction du goût de la mariée. « La mariée impose et le mari dispose », affirme la responsable marketing et communication du groupe. Mais tout cela doit être fait en harmonie avec les couleurs qu’utilisera la neggafa dans l’habillement des mariés. Juste pour dire que tout est imbriqué. La neggafa, elle, est devenue une véritable institution. Un mariage sans neggafa au Maroc est inconcevable. Pour peu, elle se prendrait au jeu de « moulat dar » (maîtresse des lieux), tant ses directives sont suivies à la lettre. « La future épouse a toujours sa propre image de la mariée. Moi de mon côté, et de par mon expérience, je sais ce qui lui ira le mieux. Le travail sera de concilier nos deux visions afin que la mariée puisse être complètement satisfaite », explique Siham Yazghi, neggafa prisée à Casablanca. Sa rémunération oscille entre 25.000 et 35.000 dirhams. S’il existe un mot-clé pour la réussite logistique d’un mariage, c’est l’harmonisation entre les différents protagonistes. C’est la raison pour laquelle tout traiteur digne de ce nom, conseille une neggafa. C’est également le cas pour l’orchestre. C’est de ce dernier que dépend l’ambiance de la fête. Les prix vont de 20.000 à 50.000 dirhams pour les plus prisées (Hajja Hlima, Maxime, etc). Les aïssawa (chanteurs traditionnels) sont eux aussi sollicités dans la majorité des cas. Leur prix est inférieur à celui de l’orchestre.
En somme, le coût global d’un mariage « moyen » peut atteindre jusqu’à 600.000 dirhams. Alors aujourd’hui il ne suffit plus d’avoir trouvé sa douce moitié, mais d’avoir les poches pleines.

Du rabais pour les noces

UNE fois la cérémonie terminée, les heureux époux peuvent passer la nuit, ou ce qui en reste, chez eux, mais la chambre d’hôtel nuptiale a encore le rite tenace. Les hôtels se préparent en été à recevoir ces nouveaux « Madame et Monsieur » avec des promotions. Au Hyatt Regency Casablanca, par exemple, la suite nuptiale coûtera 6.000 dirhams, le prix initial étant de 7.500 dirhams. Pour la suite royale, de 20.500 dirhams, le prix pourrait chuter à 15.000 dirhams. Ces prix comprenant le petit-déjeuner, la décoration florale et une corbeille de fruits. Ces promotions ne sont valables qu’en fonction du taux de remplissage de l’hôtel selon les dires du responsable des réservations du Hyatt Regency.

My Ahmed BELGHITI - L’Economiste

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