Ces villas de standing qui séduisent de plus en plus de Marocains

- 01h03 - Maroc - Ecrit par : L.A

Palm Beach, Eden Island, Les Jardins de l’Océan, Dream Garden, Star Hills, Anfa Bay, Port Lixus, Les Jardins de la Palmeraie, Riverpalm, La Marina du Sahel, Bahia Golf Beach... Autant d’appellations qui font rêver : un décor de riviera française, marbre italien, bois exotique, chauffage et climatisation installés par le promoteur sans oublier l’incontournable piscine.

Ces projets de villas de haut standing, voire très haut standing, se développent de plus en plus et ce ne sont pas les seuls Casablancais qui en sont demandeurs. « Les raisons en sont simples et se résument en deux points. Ces programmes de villas de standing sont la réponse à une demande croissante de couples de cadres supérieurs, ou de jeunes entrepreneurs, âgés de 35 à 45 ans, qui n’ont ni le temps ni la patience de construire eux-mêmes leurs villas. Le promoteur leur livre, clés en main, une villa finie qui répond à toutes leurs exigences », explique Rachid Jamaï, directeur général du groupe éponyme qui a choisi de se lancer dans l’aventure de la villa de standing depuis quelques années. Et d’ajouter : « La seconde raison a trait aux avantages qu’offre ce type de logements. La formule de copropriété horizontale permet aux habitants de la résidence d’économiser sur les salaires des jardiniers, gardiens et autres employés ».

Le foncier en front de mer ou en palmeraie a atteint des sommets ce qui influe sur les prix de vente

Le promoteur explique que la démarche d’exécuter des projets de villas de standing est différente de celle des autres projets immobiliers. « Un projet de villas est différent car, pour satisfaire la clientèle qui a des exigences particulières, les investissements sont plus lourds ». Mais une donne demeure tout de même constante : le prix du foncier qui n’a cessé de flamber. Et selon plusieurs promoteurs et agents immobiliers contactés, Casablanca demeure la ville la plus chère. Sur la côte atlantique de la ville, là où ces projets poussent comme des champignons, le mètre carré varie entre 2 500 DH et 3 500 DH (la parcelle la plus chère étant celle se trouvant à proximité du restaurant « A Ma Bretagne » avec près de 4 000 DH le m2). Ces prix vont en baissant au fur et à mesure que l’on se dirige vers Sidi Rahal. Les terrains dans cette bourgade de la province de Settat, pourtant à moins de 40 km de Casablanca, se vendent entre 350 DH et 500 DH le m2.

Cette flambée du prix du foncier influe directement sur le prix de vente final. Il y a deux années, ce professeur de médecine a acquis une villa de 500 m2 dans une nouvelle résidence donnant sur la mer à Casablanca. Prix de vente : 3,5 MDH. Actuellement, le prix de sa propriété frôle les 6 MDH. Même chose pour ce couple de financiers installés à Casablanca. Il y a deux ans, il acquéraient auprès de la société Dellamar une villa avec piscine de 400 m2 construits au prix de 2,4 MDH. Aujourd’hui, leur bien immobilier vaut 5 millions de DH.

Pourtant, cette hausse qui représente dans plusieurs cas un doublement des prix en deux ou trois ans seulement, est considérée par les professionnels de l’immobilier comme « tout à fait naturelle ». « C’est un concept qui séduit de plus en plus parce que à la fois chic et pratique », souligne pour sa part Driss Nokta, promoteur casablancais connu qui n’a pas hésité à surfer sur cette nouvelle vague. M. Nokta explique que si la surface la plus demandée varie entre 550 m2 et 650 m2, grosso modo, les prix tournent autour de 5 à 6 MDH, que ce soit à Casablanca ou à Marrakech. Quand il s’agit de résidence secondaire en front de mer, les superficies sont plus petites et les prix moins élevés. La moyenne va de 250 m2 à 300 m2 avec des prix oscillant entre 2 et 2,5 MDH. En réalité, un petit tour suffit pour se rendre compte d’une réalité : la demande existe, elle est même très forte malgré la hausse des prix.

Des groupes spécialisés dans ce type de programmes ont été créés

Il faut cependant relever que ce phénomène de maisons individuelles livrées prêtes à emménager n’est pas propre au début des années 2000. Les villes de Casablanca et Marrakech ont été les précurseurs de ce nouveau mode de logement. « Les Jardins de la Palmeraie », une idée de Abdelali Berrada réalisée dans les années 90, a été une première qui a poussé au développement d’autres programmes de villas comme « Bouznika Bay », par exemple, dont les premières tranches ont été réalisées à la fin des années 90. Mais d’autres promoteurs immobiliers ne tardèrent pas à découvrir la rentabilité du filon. A partir de 2002, plusieurs d’entre eux se lancent alors dans des projets à Casablanca et Marrakech, bien sûr, mais aussi à Tanger, Bouznika, Benslimane, El Jadida, Tétouan, Mdiq...

A commencer par le groupe Abdelali Berrada, et sa filiale spécialisée, Palmeraie Développement, dont « Les Jardins de la Palmeraie » ont connu un grand succès, ce qui l’a poussé à construire deux projets similaires dans la palmeraie de Marrakech (« Les Jardins » II et III). A leur lancement, les premières villas étaient commercialisées entre 2 et 3 MDH.

La troisième tranche commence, elle, à 6,7 MDH. Plus tard, le groupe décide de tenter une expérience à Casablanca, cette fois-ci avec « Les Jardins de l’Océan ». Sis précisément à Dar Bouazza, ce projet comprend des villas, un centre commercial et un lac artificiel. Il s’étend sur une superficie de 43 ha. Un autre mastodonte de la villa de luxe au Maroc est l’entreprise Manazilna, créée en 2004 par Abdelhak Bennani, ancien PDG de Wafabank. Ce dernier s’est associé à un promoteur immobilier déjà en activité, Mountassir El Bousserghini, qui assure la direction générale, conjointement avec Mamoun Bennani. Leur premier coup d’éclat, « Rimini », est un projet d’une cinquantaine de villas à Aïn Diab s’étalant sur 4 ha. D’autres programmes suivirent plus tard, dont « Bella Al Madina », une centaine de villas sur 8 ha situées dans le quartier Californie à Casablanca. La proche banlieue de la métropole a également été investie. Ainsi, Manazilna a développé le programme « Riad Al Bassatine », une cinquantaine de villas et un centre commercial à Bouskoura.

Le créneau est tellement intéressant que même les promoteurs immobiliers jusque-là spécialisés dans l’habitat social se sont mis à la villa de luxe. Ainsi, le groupe Jamaï a créé une filiale dédiée à ce type de produit. Kenzi est ainsi derrière le grand projet « Anfa Bay » où seront construites au total 500 villas sur la route d’Azemmour, avec des tranches de 23 à 30 villas chacune. Des projets sont en cours dans d’autres villes, notamment à Marrakech où un ensemble de 130 villas est à l’étude, ou encore Tanger et El Jadida.

Et cette fièvre de la villa de haut standing a même touché des mastodontes de l’habitat social et économique, tels Addoha ou Chaâbi Liliskane qui développement des projets à Tanger (Cap Spartel et Cap Malabata), Essaouira et Rabat.

La vie éco - Fadoua Ghannam

  • Un été décevant pour les promoteurs immobiliers

    De nombreux promoteurs n'ont pas atteint leurs objectifs. Le social inexistant, le haut standing trop cher... les MRE n'ont pas beaucoup acheté. Les grands promoteurs spécialisés dans l'économique sont en revanche satisfaits.

  • Les Saoudiens misent 600 MDH à Dar Bouazza

    Encore un grand projet à Dar-Bouazza. Cette région ne cesse d'allécher les investisseurs. Les derniers en liste sont des Saoudiens. Par le biais de leur société de promotion immobilière Al Muttahidoun, créée il y a quelques années au Maroc, ils comptent miser plus de 600 millions de DH. « Nous avons misé sur Dar-Bouazza parce que c'est une région qui a de l'avenir », déclare Abdelmajid Larhlida, l'architecte chargé de la réalisation et de l'exécution du projet.

  • Casablanca : La flambée de l'immobilier touche à sa fin

    L'immobilier a flambé, les promoteurs ont poussé comme des champignons, les investisseurs se sont rués sur le secteur… C'est la première fois dans l'histoire du pays que l'immobilier suscite autant d'intérêt… et fait autant de malheureux parmi des clients. La folle euphorie qui s'est saisie du secteur dure depuis plus d'un an et l'on ne cesse de se demander jusqu'où les prix peuvent s'envoler ?

  • Les 287 villas de la première tranche de Tinja vendues en 10 jours

    Le projet Aldea, signifiant village espagnol, est manifestement un gros succès. Ce projet immobilier et touristique, initié par la filiale marocaine du géant émirati de l'immobilier Emaar à Tanger, dont la commercialisation a commencé le 24 août dernier, a séduit un grand nombre d'acquéreurs nationaux et internationaux.

  • La hausse des prix de l'immobilier se poursuit

    Ceux qui spéculaient sur une baisse ou du moins sur une stagnation des prix de l'immobilier en seront pour leurs frais. Les terrains, appartements, maisons traditionnelles ou villas coûtent de plus en plus cher. Si la saison estivale est caractéristique d'une hausse des prix de l'immobilier résidentiel, touristique et des terrains nus, notamment en raison de la rentrée au pays des Marocains résidents à l'étranger, la tendance était d'habitude à une stagnation de l'offre et donc à une baisse des prix de l'immobilier après le départ de ces derniers.

  • Marrakech : 560 appartements et 300 villas vendus en une journée !

    Qui a dit que l'immobilier de luxe était prisé seulement par les touristes étrangers au Maroc ? Le succès rencontré par le projet « Janat Azaitoun » à Marrakech, dont le promoteur, le groupement KLK, a organisé, samedi 22 décembre, une exposition-vente sur plan à l'intention d'un panel de clients marocains potentiels, a été une agréable surprise.

  • A Marrakech, encore 20% de plus au mètre carré en 2007 !

    Appartements, riads, villas et autres maisons s'y vendent toujours comme des petits pains. Au début des années 2000, le boom de l'immobilier et du tourisme qu'a connu la ville ocre a laissé sceptiques de nombreux professionnels quant à la pérennité de l'engouement des investissements. Huit années plus tard, les sommes investies en hôtels, appartements et complexes résidentiels continuent d'augmenter.

  • Le marché du locatif profite de la hausse des prix de l'immobilier

    Louer ou acheter ? Pour nombre de jeunes, notamment les cadres, mariés ou sur le point de l'être, la question se posait de moins en moins au cours des dernières années. En effet, l'abondance des offres immobilières de vente, notamment de standing, et la facilité d'accès au financement à travers des crédits bancaires à des taux de plus en plus bas, ont poussé les particuliers vers l'achat de logements.

  • Immobilier : L'arnaque des promoteurs

    Letorchon brûle entre le fisc et les promoteurs immobiliers. Sujet de discorde, la récupération de la TVA par les professionnels de l'habitat. Rappelons que, dans le cadre des encouragements accordés aux promoteurs immobiliers qui se lancent dans des programmes de logements sociaux, une exonération de TVA et d'IS leur est accordée, et ce en vertu de l'article 19 de la Loi de finances 2000.

  • Al Omrane veut construire 17.300 villas économiques d'ici 2009

    Pour les professionnels comme pour le ministère de l'habitat, de l'urbanisme et du développement territorial, le concept de villa économique a un bel avenir devant lui. « C'est un produit qui a connu un grand succès ». Les propos sont de Abdelmalek Latifi, directeur de la promotion immobilière au ministère de l'habitat et de l'urbanisme. C'est pour cette raison que le groupe public Al Omrane a décidé de lancer la construction de 17.315 villas (dont une bonne partie dans les régions de Marrakech et Agadir) sur les deux années à venir, contre 9000 pour la première tranche du programme lancé en décembre 2005.