A Marrakech, encore 20% de plus au mètre carré en 2007 !

8 janvier 2008 - 12h48 - Economie - Ecrit par : L.A

Appartements, riads, villas et autres maisons s’y vendent toujours comme des petits pains. Au début des années 2000, le boom de l’immobilier et du tourisme qu’a connu la ville ocre a laissé sceptiques de nombreux professionnels quant à la pérennité de l’engouement des investissements. Huit années plus tard, les sommes investies en hôtels, appartements et complexes résidentiels continuent d’augmenter.

En 2007, la commission ad hoc, chapeautée par l’Agence urbaine de la ville, a traité pas moins d’un millier de demandes de dérogation émanant de promoteurs immobiliers dont près de la moitié a reçu un avis favorable. A titre de comparaison, en 2005, les services compétents avaient reçu à peine 691 demandes. Pour Younès Cherkaoui, co-gérant de l’agence Mauresque Immobilier, la ville attire toujours autant les étrangers que les Marocains. « Marrakech est une valeur sûre pour les personnes désirant investir dans l’immobilier », fait-il remarquer.

Mohamed Sakof, de l’Agence immobilière internationale, abonde dans le même sens, soulignant que « la ville ocre a encore de beaux jours devant elle ». La demande est telle que les professionnels reconnaissent qu’il y a une grande concurrence entre les agences immobilières de la place.

En 2008, Al Omrane bâtira 24.500 logements, dont 5.716 sociaux à moins de 140.000 DH

Le bon comportement de l’immobilier à Marrakech intéresse aussi bien les investisseurs publics que privés. Si la majorité de ces derniers est constituée par de grands groupes internationaux et nationaux qui choisissent quasiment tous la formule grands complexes résidentiels, souvent autour d’un golf, le secteur public, pour sa part, diversifie ses investissements. Sur les trois années à venir, la filiale régionale d’Al Omrane investira à Marrakech la bagatelle de 5,2 milliards de DH. De 1,5 milliard de DH prévus pour l’année en cours, l’établissement public compte augmenter sa mise de 200 MDH par an pour atteindre 1,9 milliard de DH en 2010. Près de 80.000 unités seront mises en chantier durant cette période. En 2008, Al Omrane, qui a remplacé l’Erac Tensift suite au processus de fusion des établissements publics de l’habitat, compte bâtir 24.500 logements, dont 5.716 sociaux à moins de 140.000 DH et 1.600 villas économiques. En 2009, l’établissement sous tutelle du ministère de l’habitat prévoit 27.000 logements, un chiffre qu’il compte porter à 28.000 logements une année plus tard. « La région connaît une grande dynamique immobilière qui va crescendo depuis plusieurs années. Al Omrane accompagne ce développement et propose des projets diversifiés qui vont de la villa résidentielle au logement social », souligne l’un de ses responsables. Marrakech est donc un pivot de la politique étatique en matière d’habitat.

La filiale locale d’Al Omrane est celle qui rapporte le plus d’argent

D’ailleurs, ce n’est pas un secret, la filiale locale d’Al Omrane est celle qui rapporte le plus d’argent, et ce du temps même du défunt Erac Tensift. En 2008, les prévisions d’Al Omrane Marrakech tablent sur des recettes de l’ordre de 1,6 milliard DH.

Les professionnels de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI) ne cachent pas leur enthousiasme quant à l’avenir de Marrakech. Rachid Jamaï, directeur du groupe immobilier éponyme, mise ainsi sur la diversification de ses programmes initiés dans la ville. Cela va du logement social dans la nouvelle ville de Tamansourt au complexe résidentiel très haut standing en pleine palmeraie.

A Marrakech donc, tout se vend malgré la hausse généralisée des prix. Le mètre carré en habitat social coûte entre 2.500 DH et 3.000 DH. Le moyen standing est pour sa part cédé entre 5.500 DH et 7.500 DH/m2 alors que le haut standing dépasse les 10.000 DH. Et en une seule année, ces prix au mètre carré ont gagné entre 10 et 20% suivant les quartiers et les standings. A Guéliz, par exemple, des appartements de haut standing se vendent aux alentours de 13.500 DH/m2 contre 12.000 DH il y a une année.

La cherté de l’immobilier est, selon les professionnels, due à la diversité de la clientèle. La ville ocre, de par son statut de destination touristique de premier choix, attire les capitaux étrangers. « La majorité de notre clientèle étrangère est de nationalité française. Cependant, nous avons enregistré une hausse du nombre de clients britanniques ou scandinaves qui désirent acheter un bien immobilier à Marrakech », révèle Younès Cherkaoui. Et d’ajouter que cette dernière clientèle « est particulièrement exigeante ». Voilà qui arrangera les affaires des promoteurs puisque, selon les agents immobiliers de la ville, si la clientèle nordique est très regardante sur la qualité, elle ne lésine pas sur le prix à payer.

La vie éco - Fadoua Ghannam

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