Le Maroc accusé de voler la pluie à l’Espagne

- 10h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

Les 18 et 19 avril, plusieurs publications sur les réseaux sociaux ont fait état d’un supposé détournement de pluie de l’Espagne vers le Maroc pour favoriser le secteur agricole du royaume. Une rumeur démentie par des experts.

« Regardez les prévisions de précipitations entre le 16 et le 21 avril 2023. La péninsule ibérique est une ÎLE DE SÉCHERESSE, mais le Maroc, au sud, curieusement bien bleu, irrigué et fertile ». Voilà l’un des tweets tendant à faire croire que les pluies sont détournées de l’Espagne vers le Maroc. Mais il n’en est rien, soulignent des experts consultés par Maldita.es qui expliquent qu’il est « absolument impossible » de détourner les pluies d’un endroit à un autre et que la pluie enregistrée au Maroc dans la troisième semaine d’avril 2023 est due à la zone de basse pression au-dessus de l’Algérie.

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Ces publications tendent à démontrer que les pluies qui correspondraient à l’Espagne sont détournées vers le Maroc pour que la sécheresse persiste dans la péninsule ibérique. Mais, assurent les experts, la période de sécheresse actuelle affecte davantage le Maroc que l’Espagne. Les auteurs de cette désinformation se basent sur une prévision des précipitations cumulées du dimanche 16 au vendredi 21 avril 2023, laquelle a été publiée les mardi 18 et mercredi 19 avril, soit deux ou trois jours après la date de consultation. Une erreur, selon la physicienne et météorologue Isabel Moreno qui rappelle que les prévisions météorologiques doivent être constamment mises à jour.

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Les prévisions actualisées le mercredi 19 avril auraient prévu pour le vendredi 21 avril l’arrivée de pluies au Portugal et en Galice et de pluies éparses dans certaines zones de l’ouest de la péninsule. « Les précipitations attendues au Maroc coïncident avec la chaîne de montagnes de l’Atlas » et seraient dues à « l’interaction des vents maritimes, chargés d’humidité, avec le relief de tout ce secteur », a expliqué mercredi Samuel Biener, géographe de Meteored. Cayetano Torres, porte-parole de l’Agence météorologique nationale (AEMET), partage l’avis de Biener, ajoutant qu’une zone de basse pression en Algérie entraînait des tempêtes dans les régions de l’Atlas marocain.

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En Espagne, « pour le moment, nous sommes dans le no man’s land, entre hautes et basses pressions, donc au-delà de quelques averses éparses, le temps stable domine », a poursuivi Biener le 19 avril. Et d’ajouter : « On croit que le Maroc (et d’autres régions d’Afrique du Nord) sont associés au désert alors que, dans cette chaîne de montagnes [l’Atlas], dans certaines régions, les précipitations annuelles moyennes sont d’environ ou de plus de 1 000 l / m2, beaucoup plus que dans de nombreuses régions d’Espagne ».

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