Maroc-Algérie : rouvrir la frontière sans attendre la paix

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

La réouverture de la frontière entre le Maroc et l’Algérie ne passerait pas nécessairement par une décision totale et immédiate. Des chercheurs proposent de commencer par les familles séparées, les situations humanitaires et quelques déplacements ciblés.

Fermée depuis 1994, la frontière terrestre entre le Maroc et l’Algérie est devenue le symbole le plus visible de la rupture entre les deux voisins. Sa réouverture complète paraît aujourd’hui politiquement difficile, mais une solution intermédiaire pourrait être envisagée.

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Dans une étude consacrée à la rivalité maroco-algérienne, le Policy Center for the New South défend une démarche graduelle. Les auteurs ne proposent ni la suppression immédiate de tous les contrôles ni un retour brutal à la libre circulation.

Ils estiment que les premiers assouplissements pourraient concerner les motifs familiaux et humanitaires. Des familles séparées par la frontière pourraient ainsi bénéficier de passages encadrés, sans attendre un rapprochement diplomatique complet entre Rabat et Alger.

Commencer par ceux que la fermeture sépare

Les étudiants, les universitaires ou certaines catégories de voyageurs pourraient également profiter de mesures ciblées. Chaque dispositif resterait négocié, sécurisé et limité dans un premier temps, afin de réduire son coût politique pour les deux gouvernements.

Pour les chercheurs, une ouverture partielle aurait une portée bien supérieure au nombre de personnes concernées. Elle rétablirait des habitudes de circulation dans un espace où la séparation est devenue la norme depuis plus de trente ans.

La frontière ne constitue en effet pas seulement un obstacle commercial. Elle coupe des liens familiaux, sociaux et culturels entre deux populations qui partagent une histoire, une langue et de nombreuses attaches personnelles. Sa fermeture prolongée a progressivement transformé le voisin immédiat en territoire inaccessible.

Le rapport ne minimise pas les désaccords politiques, notamment autour du Sahara. Il estime cependant que ce dossier ne devrait plus empêcher toute coopération dans les autres domaines. Les situations humaines pourraient être traitées séparément, sans attendre un règlement global de la rivalité entre les deux États.

Cette approche commencerait par des mesures modestes : facilitation de certains déplacements, traitement prioritaire des urgences familiales et humanitaires, échanges universitaires ou création de canaux techniques chargés de gérer les incidents.

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La réouverture de la frontière Maroc-Algérie ne commencerait donc peut-être pas par les marchandises ou le tourisme. Elle pourrait d’abord concerner les personnes directement touchées par une fermeture qui dure depuis 1994, avant un éventuel élargissement progressif à d’autres catégories.