La frontière Maroc-Algérie ouverte quelques minutes

- 00h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le poste frontière de Zouj Bghal a brièvement ouvert ses portes mardi pour permettre le retour de 22 ressortissants marocains détenus en Algérie. Ce transfert intervient dans un contexte de tensions sécuritaires et judiciaires croissantes entre les deux pays voisins.

Le groupe, composé de vingt hommes et deux femmes originaires de diverses régions du Royaume, a été remis aux autorités marocaines au niveau des passages terrestres Colonel Lotfi et Zouj Bghal. Selon l’Association marocaine pour l’aide aux migrants en situation difficile, il s’agit de la deuxième opération de ce type en l’espace de quelques mois, après le renvoi de seize personnes en décembre dernier.

Sur Bladi.net : Frontière Algérie-Maroc : Zouj Bghal s’entrouvre pour 42 prisonniers, mais 500 dossiers restent en souffrance

L’association indique suivre actuellement plus de 500 cas de ressortissants marocains en Algérie, dont une centaine sont en attente de reconduite à la frontière. Si ces individus sont présentés comme des migrants, les raisons de leur présence en territoire algérien ne sont pas toujours explicitées, nombre d’entre eux étant soumis à de lourdes procédures administratives et légales avant leur libération.

Sur Bladi.net : Ouverture exceptionnelle de la frontière entre le Maroc et l’Algérie

La justice algérienne prononce régulièrement des peines dépassant les dix ans de prison contre les jeunes appréhendés, tandis que le sort de plusieurs ressortissants reste tragique. Fin janvier, une opération militaire algérienne près de Béchar a coûté la vie à trois Marocains accusés de trafic de drogue, une version fermement contestée par leurs proches qui les présentent comme de simples éleveurs ou mécaniciens.

Le rapatriement des corps demeure un point de friction majeur entre Rabat et Alger. Les autorités algériennes refusent fréquemment de restituer les dépouilles des citoyens abattus à la frontière, à l’instar de l’incident de 2023 où deux Marocains avaient été tués par l’armée. L’association continue de militer auprès des autorités pour permettre aux familles de récupérer les corps afin de pouvoir les enterrer dignement.