Le Maroc avait un grand projet industriel avec Israël et les États-Unis : quatre ans après, il manque toujours à l’appel
Le Maroc et Israël annonçaient en 2022 la création de zones industrielles spéciales destinées à concrétiser leur coopération avec les États-Unis. Quatre ans plus tard, aucune zone marocaine ne figure toujours dans le dispositif officiel américain correspondant.
Le projet avait été présenté le 21 février 2022 à Rabat par Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, et son homologue israélienne Orna Barbivai. Les deux ministres venaient de signer un accord de coopération économique destiné à donner une dimension industrielle à la reprise des relations entre les deux pays.
Sur Bladi.net : Le Maroc et les États-Unis préparent le champ de bataille de 2030
Dans son communiqué officiel, le ministère marocain annonçait explicitement la création de « Zones Industrielles Qualifiées » (QIZ) au Maroc. L’objectif était de concrétiser une coopération tripartite Maroc-Israël-États-Unis et de faciliter l’accès au marché américain des marchandises fabriquées dans ces zones.
Bladi.net avait d’ailleurs relayé le projet quelques semaines plus tard. Automobile, aéronautique, agroalimentaire, textile, industrie pharmaceutique, technologies de l’eau ou encore énergies renouvelables figuraient parmi les secteurs identifiés pour cette nouvelle coopération.
Washington ne compte toujours aucune QIZ au Maroc
Quatre ans plus tard, le projet brille surtout par son absence du dispositif américain. La liste officielle des Qualifying Industrial Zones du département américain du Commerce ne mentionne aucune zone au Maroc. Washington indique actuellement que le programme QIZ permet à l’Égypte et à la Jordanie d’exporter certains produits vers les États-Unis dans des conditions préférentielles lorsqu’ils incorporent des composants israéliens. Les zones officiellement reconnues se trouvent en Égypte, en Jordanie, en Cisjordanie et à Gaza.
La fiche consacrée aux accords commerciaux d’Israël, mise à jour par l’administration américaine en mars 2026, aboutit au même constat : les QIZ liant Israël à ses voisins sont toujours celles conclues avec la Jordanie et l’Égypte. Le Maroc n’y apparaît pas.
Cela ne permet pas d’affirmer que Rabat et Tel-Aviv ont officiellement abandonné le projet. En revanche, aucune QIZ marocaine n’a été intégrée au programme américain quatre ans après l’annonce de Rabat. Or la désignation de ces zones relève précisément du représentant américain au Commerce (USTR), en concertation avec les autres administrations fédérales.
Le cas marocain est d’autant plus particulier que le Royaume dispose déjà depuis 2006 de son propre accord de libre-échange avec les États-Unis. Le projet de 2022 devait donc aller au-delà d’un simple accès au marché américain : il ambitionnait de créer un mécanisme industriel associant directement entreprises marocaines et israéliennes autour de productions destinées notamment aux États-Unis. L’accord de libre-échange Maroc–États-Unis est, lui, toujours en vigueur.
Sur Bladi.net : Le Maroc importe son blé, mais Israël compte sur lui en cas d’urgence
Quatre ans après l’annonce très ambitieuse de Rabat, la coopération commerciale entre le Maroc et Israël a progressé, mais cette pièce emblématique du partenariat industriel à trois avec Washington reste absente de la carte officielle américaine.