Le Maroc fait désormais peur à l’industrie automobile italienne

- 06h00 - Monde - Ecrit par : L.A

Le Maroc apparaît désormais dans les inquiétudes de l’industrie automobile italienne. Le patron de l’ANFIA redoute qu’une future législation européenne destinée à protéger les usines du continent ne favorise finalement les importations en provenance du Royaume et de Turquie.

L’avertissement a été lancé ce mercredi 9 septembre par Roberto Vavassori, président de l’Association italienne de l’industrie automobile (ANFIA), interrogé par Reuters. Il critique la version actuelle de l’Industrial Accelerator Act préparé par Bruxelles.

Selon lui, le dispositif pourrait favoriser des composants et véhicules produits au Maroc ou en Turquie plutôt que renforcer réellement la production au sein de l’Union européenne. Un constat particulièrement sensible alors que le Maroc est devenu une base industrielle majeure pour plusieurs groupes automobiles européens.

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Cette inquiétude intervient alors que les constructeurs européens avaient eux-mêmes demandé que leurs usines implantées au Maroc puissent être prises en compte dans les futures règles du « Made in Europe ». Le sujet place Bruxelles face à un choix délicat entre protection de l’industrie européenne et maintien des chaînes de production développées depuis plusieurs années au Maroc.

L’Italie réclame aussi des droits de douane massifs contre la Chine

L’ANFIA se montre encore beaucoup plus offensive face à la Chine. Roberto Vavassori demande à l’Union européenne d’imposer des droits de douane de 80 % sur les véhicules et composants chinois au-delà d’un certain seuil de pénétration du marché européen. Les marques chinoises auraient déjà dépassé 9 % du marché de l’Union au début de 2026.

Le responsable italien estime que les équipementiers européens sont particulièrement exposés, les composants représentant environ 80 % de la valeur d’une voiture. Sans mesures de protection supplémentaires, il craint une chute de 40 à 50 % des exportations italiennes de pièces automobiles d’ici 2028.

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Le Maroc se retrouve ainsi dans une position singulière : partenaire industriel des grands constructeurs européens, il devient parallèlement un concurrent pour certaines usines et équipementiers installés dans l’Union. Une évolution déjà visible en Italie, où la montée en puissance des capacités marocaines de Stellantis avait suscité des inquiétudes ces dernières années.