Maroc : 18 milliards d’aides qui tombent surtout chez les plus riches

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Près de 18 milliards de dirhams ont été consacrés à la compensation en 2025. Bank Al-Maghrib estime que cette subvention universelle bénéficie essentiellement aux ménages les plus aisés et appelle à mieux cibler l’aide publique en faveur des populations les plus vulnérables.

Le constat figure dans le rapport annuel 2025 de Bank Al-Maghrib. La Banque centrale y souligne la persistance d’importantes inégalités sociales et territoriales, malgré les ressources consacrées au soutien des ménages.

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D’après les enquêtes du Haut-Commissariat au Plan citées dans le rapport, la dépense moyenne par personne du cinquième le plus aisé de la population est plus de sept fois supérieure à celle du cinquième le moins favorisé. Un citadin dépense également, en moyenne, près de deux fois plus qu’une personne vivant en milieu rural.

Pour Bank Al-Maghrib, cette situation impose un ciblage plus précis des aides. L’institution prend l’exemple des quelque 18 milliards de dirhams mobilisés en 2025 au titre de la compensation, qu’elle qualifie de « subvention universelle profitant essentiellement aux ménages les plus aisés ».

Des milliards sans ciblage

Ce montant concerne le système de compensation et non l’ensemble des dépenses sociales engagées par l’État. La critique porte sur le caractère universel du dispositif : les produits subventionnés sont accessibles à tous les ménages, sans distinction de revenus, ce qui permet aux catégories les plus aisées d’en bénéficier également.

La Banque centrale met aussi en cause certaines dépenses fiscales. L’impact budgétaire des dérogations fiscales en vigueur a dépassé 32 milliards de dirhams en 2025. Selon le rapport, certaines sont accordées sans évaluation rigoureuse de leur pertinence et sans suivi étroit de leur application.

Bank Al-Maghrib estime que la rationalisation de ces ressources est devenue nécessaire pour réduire les inégalités et préserver les marges de manœuvre budgétaires. Les finances publiques doivent déjà supporter les dépenses liées à l’aide sociale directe, à la généralisation de la protection sociale et à la masse salariale.

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L’institution rappelle également que le gouvernement a eu recours chaque année depuis 2022 à l’ouverture de crédits supplémentaires pour couvrir des dépenses imprévues ou additionnelles. Elle appelle donc à orienter plus efficacement les ressources disponibles vers les ménages qui en ont réellement besoin.