Le Maroc a perdu 30 % de son cheptel bovin, ses achats au Brésil bondissent de 421 %
Les achats marocains de bovins vivants au Brésil ont connu une envolée spectaculaire. En un an, leur valeur est passée de 41 à 213,5 millions de dollars. Le ministère brésilien de l’Agriculture dévoile également la place prise par ses éleveurs sur le marché marocain.
De 41 millions de dollars en 2024 à 213,5 millions en 2025. En douze mois, la facture des bovins vivants achetés par le Maroc au Brésil a été multipliée par 5,2. Une progression de 421 % qui illustre la dépendance croissante du royaume aux approvisionnements étrangers pour répondre à ses besoins en viande rouge.
Ces chiffres figurent dans un communiqué du ministère brésilien de l’Agriculture. Le document révèle une autre donnée : en 2025, le Brésil représentait à lui seul 46,7 % de la valeur totale des importations marocaines de bovins vivants.
Autrement dit, sur 100 dollars dépensés par le Maroc pour acheter des bovins vivants à l’étranger, près de 47 revenaient aux fournisseurs brésiliens.
Le Maroc devient l’un des principaux clients du Brésil
Cette progression se poursuit dans les échanges commerciaux. Sur les quatre premiers mois de 2026, le Maroc s’est hissé au deuxième rang des destinations des exportations brésiliennes de bovins vivants.
L’essor de ces importations accompagne les difficultés de l’élevage marocain. Selon les données reprises par le ministère brésilien, le recensement de 2025 a montré une baisse d’environ 30 % du cheptel bovin du royaume, sous l’effet des sécheresses successives et de la hausse du coût de l’alimentation animale.
Pour renforcer l’approvisionnement du marché, Rabat a multiplié les mesures douanières. Depuis fin 2022, les bovins vivants destinés à l’abattage peuvent être importés sans droits de douane dans la limite des contingents annuels autorisés. Celui de 2026 a été fixé à 300 000 têtes.
Le Maroc a également suspendu les droits d’importation sur plusieurs catégories de viandes et sur les moutons vivants jusqu’au 31 décembre 2026. Cette mesure, entrée en vigueur le 27 juillet, concerne les fournisseurs de tous les pays.
Pour les exportateurs brésiliens, le royaume est ainsi devenu un débouché majeur, passant en une année de 41 à plus de 213 millions de dollars d’achats de bovins vivants.