Le Maroc ne répond plus seulement aux Français : les clients néerlandais arrivent à leur tour
De Rabat à Tanger, les recrutements de conseillers parlant néerlandais se multiplient. Télécoms, e-commerce, paiements ou logistique : les offres montrent que les centres de relation client marocains se diversifient au-delà de leur marché français historique.
Une nouvelle offre publiée ce 25 septembre recherche à Rabat des conseillers capables de travailler en néerlandais pour un grand projet international de télécommunications. Le poste, proposé à temps plein et en contrat à durée indéterminée, prévoit la prise en charge des clients par téléphone et par e-mail, le dépannage technique, les réclamations et même la vente de services supplémentaires. Un niveau B2/C1 en néerlandais est demandé, selon l’annonce de Kats Recruitment.
Le phénomène dépasse largement ce recrutement. NewCo Communications, qui dispose d’activités à Tanger et Casablanca, indique rechercher chaque mois des collaborateurs néerlandophones pour ses différents projets internationaux. L’entreprise affiche actuellement des postes dans les télécommunications, les systèmes d’alarme, les terminaux de paiement et les services techniques. L’une de ses offres à Tanger concerne explicitement le support d’un client belge, tandis qu’une autre recherche des néerlandophones pour aider à distance des professionnels utilisant des solutions de paiement.
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À Rabat, le groupe allemand Avedo cherche lui aussi des personnes parlant néerlandais, cette fois pour répondre depuis le Maroc aux clients d’un acteur du commerce en ligne. Les conseillers doivent traiter les commandes, les retours, les questions sur les produits et les demandes reçues par téléphone, e-mail ou chat. Le dispositif est entièrement à distance depuis le Maroc et fonctionne sous statut indépendant, avec une rémunération calculée en fonction des dossiers traités.
Du français au néerlandais
Ces recrutements témoignent d’une évolution du secteur marocain de la relation client. Historiquement très dépendantes du marché français, les plateformes installées dans le royaume cherchent désormais des profils capables de travailler directement avec d’autres marchés européens. Cette diversification intervient alors que le modèle traditionnel des centres d’appels marocains est bousculé par l’intelligence artificielle et par le durcissement des règles de démarchage en France.
Le néerlandais est désormais recherché jusque dans le support informatique. À Sala Al Jadida, Econocom recrute actuellement un technicien de service desk néerlandophone chargé de résoudre à distance les problèmes informatiques des utilisateurs. À Rabat, une autre campagne ouverte en septembre porte sur dix postes de conseillers bilingues néerlandais-français pour traiter appels, demandes et réclamations de clients.
La rémunération proposée montre également la valeur accordée à ces profils linguistiques. Une annonce actuellement diffusée sur Indeed pour des activités néerlandophones à Rabat affiche un salaire fixe net de 10 512 dirhams par mois, auquel peut s’ajouter une prime mensuelle de 1 693 dirhams. Le recrutement concerne des activités de support client et technique associées dans l’annonce à FedEx et Orange, avec des postes à distance ou dans les bureaux de Rabat. L’offre précise qu’aucune expérience préalable n’est exigée dès lors que le candidat maîtrise suffisamment le néerlandais.
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Télécommunications, tourisme, commerce en ligne, logistique, assistance informatique ou solutions de paiement : les offres disponibles montrent ainsi que le néerlandais n’est plus une niche limitée à quelques centres d’appels. Rabat, Casablanca et Tanger servent désormais de bases à plusieurs entreprises pour traiter directement des demandes de clients néerlandophones en Europe, un nouveau débouché pour un secteur marocain longtemps tourné presque exclusivement vers la clientèle francophone.