Le Maroc reste coincé dans la catégorie des marchés frontières
Le Maroc reste classé parmi les marchés frontières par MSCI. Son marché est largement accessible aux investisseurs étrangers, mais quatre composantes opérationnelles sont encore jugées insuffisantes. Le rapport ne permet toutefois pas d’en faire, à elles seules, la liste exhaustive des conditions d’un reclassement.
Le Maroc apparaît toujours dans la catégorie des marchés frontières, aux côtés notamment de Maurice, Oman, de la Tunisie et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Cette classification ne signifie pas que la Bourse de Casablanca soit fermée aux capitaux internationaux.
Sur Bladi.net : La force économique des MRE se reflète à la Bourse de Casablanca
Dans son rapport 2026 sur l’accessibilité des marchés, MSCI attribue sa meilleure appréciation au Maroc pour les conditions de qualification des investisseurs étrangers, les plafonds de participation étrangère et la part des titres qui leur reste accessible. L’enregistrement des investisseurs et l’ouverture des comptes sont également considérés comme satisfaisants.
La conservation des titres, le registre ou dépositaire central et la disponibilité des instruments d’investissement ne soulèvent pas non plus de difficulté dans cette grille d’évaluation.
D’autres composantes obtiennent une appréciation intermédiaire. MSCI considère qu’elles ne présentent pas de problème majeur, mais qu’elles peuvent encore être améliorées. Cela concerne l’égalité des droits accordés aux investisseurs étrangers, les mouvements de capitaux, le degré de libéralisation du marché des changes, la réglementation, la diffusion de l’information, les conditions de négociation et la stabilité du cadre institutionnel.
Quatre insuffisances dans l’infrastructure du marché
Quatre critères reçoivent en revanche la mention indiquant que des améliorations sont nécessaires. Le premier est le règlement-livraison, soit le dénouement d’une transaction par la remise des titres à l’acheteur et le versement des fonds au vendeur.
La transférabilité des titres est également jugée insuffisante. Cette appréciation désigne les conditions dans lesquelles des titres peuvent être déplacés ou transmis d’un détenteur à un autre.
Les deux dernières faiblesses concernent le prêt de titres et la vente à découvert. Ces mécanismes, largement utilisés sur les places financières les plus développées, permettent notamment aux investisseurs institutionnels de couvrir certains risques, de mettre en œuvre différentes stratégies de marché et de contribuer à la liquidité des échanges.
Ces quatre appréciations négatives montrent que les principales réserves de MSCI ne portent pas sur l’entrée des investisseurs étrangers au Maroc, mais sur le degré d’achèvement de certains mécanismes opérationnels.
Elles ne doivent cependant pas être présentées comme quatre conditions officielles dont la satisfaction entraînerait automatiquement le passage du Maroc au statut de marché émergent. Le document ne fait état ni d’une procédure de reclassement engagée, ni d’un calendrier, ni d’une liste complète d’exigences adressées au Maroc.
Sur Bladi.net : Europe : Le Maroc sur le podium des titres de séjour
Le constat est plus précis : dans la seule dimension de l’accessibilité étudiée par ce rapport, la Bourse de Casablanca est ouverte et dispose de plusieurs infrastructures bien évaluées, mais certains instruments et procédures restent en retrait par rapport à ce qui est attendu d’un marché plus abouti.