« Marocain » et « escroc » : l’étrange explication d’un député italien sur sa proposition de loi

- 11h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

En Italie, un député du parti de Matteo Salvini a évoqué un rapprochement entre les mots « marocain » et « escroc » pour expliquer le surnom d’une proposition de loi sur la nationalité. Une explication surprenante, donnée lors d’une conférence de presse consacrée aux jeunes issus de l’immigration.

La scène s’est déroulée lundi 19 octobre, au siège de la Ligue, à Milan. Matteo Salvini et le député Igor Iezzi présentaient une proposition de loi destinée à durcir les conditions d’obtention et de retrait de la nationalité italienne. Le texte a été surnommé « loi anti-maranza », en référence à une expression populaire désignant certains groupes de jeunes au comportement tapageur, relate le quotidien Il Fatto Quotidiano.

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Interrogé sur la signification exacte de ce mot, Matteo Salvini préfère passer la parole à Igor Iezzi, auteur de la proposition. Le député avance alors une possible origine du terme : la fusion de « marocchino », qui signifie Marocain en italien, et de « zanza », un mot d’argot désignant un escroc ou un arnaqueur.

Salvini reconnaît de son côté : « Je n’en ai aucune idée. » Igor Iezzi poursuit son explication en affirmant que de nombreux Italiens de deuxième génération seraient des « maranza », qu’il associe à des personnes commettant certaines infractions. Il cite notamment l’outrage à un agent public, l’association mafieuse et l’exploitation au travail.

Un mot dont l’origine reste mystérieuse

L’explication du député est loin de faire l’unanimité chez les linguistes. Le prestigieux dictionnaire italien Treccani souligne que l’origine du mot « maranza » demeure incertaine. Employé dès les années 1980, le terme désignait initialement des personnes au style vestimentaire voyant et au comportement provocateur.

Parmi les pistes évoquées figure également « Marantz », une marque d’équipements audio très populaire à cette époque. Le mot aurait ensuite évolué pour désigner certains groupes de jeunes des quartiers urbains, notamment avec sa popularisation sur les réseaux sociaux.

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Derrière cette polémique linguistique se trouve une réforme bien concrète. La proposition de loi portée par Igor Iezzi prévoit de refuser l’accès à la nationalité italienne aux personnes condamnées pour certaines infractions, notamment liées au trafic de stupéfiants. Elle entend également élargir les motifs de retrait de nationalité et renforcer certaines exigences linguistiques.

Selon le dossier officiel de la Chambre des députés italienne, ces dispositions figurent dans la proposition A.C. 2124-A, toujours en cours d’examen parlementaire. Le débat sur le mot « maranza » accompagne ainsi une réforme susceptible de modifier les conditions d’accès à la citoyenneté pour de nombreux étrangers et jeunes nés en Italie.