« Parlez italien » : deux adolescentes marocaines au cœur d’une polémique scolaire

- 22h00 - Monde - Ecrit par : Farid Laamoudi

Deux élèves de 14 ans, d’origine marocaine, ont été rappelées à l’ordre après avoir parlé arabe dans un établissement près de Padoue. Un syndicat étudiant dénonce des propos racistes. Le directeur conteste cette version et défend une intervention liée à leur comportement.

Les deux adolescentes fréquentent l’institut technique commercial De Nicola, à Piove di Sacco. Leurs parents sont originaires du Maroc, mais elles ont grandi dans cette commune italienne et parlent couramment italien, précise le directeur Matteo Burattin au Corriere del Veneto ce 2 octobre.

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C’est le collectif Osa, l’Opposition étudiante alternative, qui a rendu l’affaire publique. Selon son récit, des élèves échangeaient quelques phrases en arabe pendant une pause lorsqu’une enseignante les a réprimandés, avant de les envoyer auprès de la directrice adjointe.

Les militants affirment qu’il leur aurait alors été demandé de retourner dans leur pays d’origine s’ils souhaitaient continuer à utiliser leur langue. Leur communiqué, relayé dès le 1er octobre par Telenuovo, dénonce une intervention de responsables scolaires censés protéger les élèves et favoriser leur inclusion.

Osa donne aussi une portée politique à l’incident. Le collectif accuse le gouvernement Meloni d’alimenter les divisions entre jeunes nés en Italie et jeunes issus de l’immigration. Il appelle les étudiants à se mobiliser et à signaler les discriminations dans leurs établissements.

Le directeur défend un rappel à l’ordre

Matteo Burattin décrit une autre scène. Selon lui, l’incident s’est produit pendant un cours, alors qu’une enseignante ne parvenait plus à poursuivre ses explications en raison de l’agitation de plusieurs élèves. Elle aurait appelé la directrice adjointe, qui aurait réprimandé tous ceux qui perturbaient la classe.

Les deux adolescentes faisaient partie de ce groupe, poursuit-il. Il affirme qu’elles parlaient arabe et riaient face à sa collègue, un comportement qu’il interprète comme une moquerie. La demande de s’exprimer en italien aurait concerné ce qu’elles souhaitaient lui répondre.

Cette polémique intervient dans la même province que celle provoquée par le report du serment de nationalité d’une Marocaine à Cadoneghe. Le maire avait interrompu la cérémonie après avoir jugé son italien insuffisant, malgré la certification linguistique figurant dans son dossier.

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À Piove di Sacco, Burattin rejette les accusations de racisme et d’islamophobie. Pour lui, il s’agissait d’un rappel à l’ordre ordinaire. Il demande également que la politique reste en dehors de l’école.