Une Marocaine de 26 ans épouse un Italien de 58 ans : cinq jours plus tard, il veut annuler leur mariage

- 21h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El Aoudani

À Genève, le mariage d’une Marocaine avec un Italien de 32 ans son aîné a débouché sur plusieurs années de procédures. Après une tentative d’annulation de leur union et un refus de séjour, la Cour de justice suisse a ordonné un nouvel examen du dossier de cette femme.

Le 7 octobre 2019, une Marocaine née en 1993 épouse à Genève un Italien né en 1961. Les deux s’étaient rencontrés sur un site de rencontres en mai 2018. Quelques mois plus tard, l’homme avait fait le voyage jusqu’à Casablanca, où ils avaient passé deux semaines ensemble.

Leur relation avait déjà connu plusieurs disputes et réconciliations. Mais cinq jours après le mariage, le 12 octobre, l’époux commence à écrire à sa femme qu’il souhaite se séparer. Il estime qu’elle n’est pas la personne gentille et éduquée qu’il avait imaginée.

Le 18 novembre, soit six semaines après la cérémonie, il demande au tribunal d’annuler leur mariage. Selon lui, son épouse aurait radicalement changé de comportement dès le lendemain de leur union. Il l’accuse notamment d’avoir cherché à obtenir un titre de séjour suisse.

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La justice rejette sa demande en janvier 2021. Les magistrats estiment que les 32 années de différence d’âge ne prouvent aucunement un mariage de complaisance. Ils relèvent aussi que l’Italien privilégiait les femmes jeunes et avait régulièrement reproché à son épouse d’avoir pris du poids.

Le mariage tourne à la bataille pour le séjour

Les relations entre les époux se détériorent davantage. La Marocaine dénonce des violences conjugales et produit des certificats médicaux ainsi que des messages WhatsApp. Son mari conteste les accusations. Les procédures pénales engagées à son encontre sont classées.

En janvier 2023, l’Office cantonal de la population refuse à la Marocaine son autorisation de séjour et prononce son renvoi. Elle conteste cette décision, mais le tribunal administratif lui donne tort en octobre 2025.

Le 3 février 2026, la Cour de justice de Genève relève une contradiction déterminante : le premier tribunal avait refusé l’audition de six témoins proposés par la Marocaine, avant de lui reprocher l’insuffisance des preuves de violences.

Dans son arrêt, la Cour annule ce jugement et ordonne un nouvel examen avec audition des témoins. Elle accorde également à la Marocaine 1 000 francs suisses d’indemnité de procédure. Son droit au séjour devra être réexaminé à la lumière des éléments recueillis.