Plus de 400 milliards de dirhams de marchés publics au Maroc : Londres veut ouvrir la porte à ses entreprises
Le Royaume-Uni prépare un accord destiné à faciliter l’accès de ses entreprises aux marchés publics marocains, estimés à plus de 400 milliards de dirhams sur trois ans. Le futur dispositif serait le premier engagement britannique de ce type avec un pays africain.
Le gouvernement britannique a ouvert le 24 août un appel à contributions officiel sur un futur accord avec le Maroc. Les entreprises et les autres acteurs intéressés peuvent répondre jusqu’au 11 septembre.
Londres envisage d’ajouter un chapitre consacré aux marchés publics à l’accord d’association qui lie déjà les deux pays. Il ne s’agit encore que d’une phase exploratoire : les négociations ne sont pas officiellement lancées et aucun accord n’a été signé.
L’enjeu financier est considérable. Le gouvernement britannique évalue à environ 33 milliards de livres les marchés publics attendus au Maroc sur trois ans, soit plus de 400 milliards de dirhams. Ce montant représente l’ensemble des opportunités recensées et non une enveloppe déjà attribuée ou réservée aux entreprises britanniques.
Sur Bladi.net : Coupe du monde 2030 : Londres veut sa part du gâteau des chantiers au Maroc
Le questionnaire adressé aux entreprises britanniques est révélateur des objectifs poursuivis. Londres leur demande si elles ont déjà tenté de répondre à des appels d’offres au Maroc, quelles difficultés elles ont rencontrées et quelles barrières devraient être supprimées. Leurs réponses serviront à déterminer les priorités d’une éventuelle négociation.
Un premier accord britannique avec un pays africain
S’il aboutit, ce chapitre constituerait le premier engagement juridiquement contraignant du Royaume-Uni en matière de marchés publics avec un pays africain. Il prolongerait le mémorandum de coopération signé avec le Maroc en juin 2025.
Le Maroc n’est pas membre de l’accord de l’Organisation mondiale du commerce sur les marchés publics. Londres ne dispose donc actuellement d’aucun engagement commercial international spécifique lui garantissant un accès encadré aux appels d’offres marocains.
Le futur dispositif devrait instaurer des règles de transparence, d’ouverture et de non-discrimination. Les biens, services et fournisseurs des deux pays devraient bénéficier d’un traitement équitable. Mais les administrations concernées, les catégories de contrats, les montants minimaux et les éventuelles exceptions restent à négocier.
Les ambitions britanniques dépassent les seuls chantiers du Mondial 2030. Londres avait déjà identifié le futur terminal de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, les équipements de santé ainsi que les infrastructures liées à l’eau et aux ports parmi les débouchés recherchés. Au Maroc, la modernisation des aéroports doit mobiliser près de 38 milliards de dirhams d’ici 2030, tandis que le Royaume multiplie également les projets de dessalement destinés à sécuriser son eau potable.
Sur Bladi.net : En six mois, le Royaume-Uni a vendu au Maroc plus de marchandises que pendant toute l’année 2025
À ce stade, aucune entreprise britannique ne bénéficie donc d’un accès préférentiel aux marchés marocains. Mais l’ouverture de cette consultation confirme la direction choisie par Londres : transformer le rapprochement commercial avec Rabat en garanties juridiques permettant à ses groupes de mieux se positionner sur les grands contrats publics du Royaume.