Des milliards prêtés au Maroc risquent de ne jamais être remboursés

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Le système bancaire marocain reste solide, mais 8,9 % des crédits étaient classés non performants en 2025. Ces prêts en retard ou compromis représentent une masse considérable d’argent et poussent la Banque mondiale à réclamer un nouveau marché pour les céder.

Près d’un dirham prêté sur onze pose problème au Maroc. Les crédits non performants représentaient encore 8,9 % de l’ensemble des financements bancaires en 2025, selon le Rapport de suivi de la situation économique au Maroc de la Banque mondiale.

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Cette catégorie regroupe les prêts dont le remboursement connaît des retards importants ou paraît compromis. Elle ne signifie pas que la totalité de l’argent sera définitivement perdue : certaines créances peuvent être restructurées, garanties ou finalement récupérées. Leur niveau reste néanmoins suffisamment élevé pour être considéré comme un point de vigilance.

La Banque mondiale souligne que les banques marocaines conservent des niveaux adéquats de capital, de liquidité et de rentabilité. Le secteur n’est donc pas présenté comme étant en difficulté. L’accumulation des impayés oblige toutefois les établissements à constituer des provisions et immobilise des ressources qui pourraient autrement servir à financer les ménages et les entreprises.

Les banques marocaines veulent revendre les crédits impayés

Pour réduire ce stock, un projet de loi prévoit la création d’un marché secondaire des prêts non performants. Le principe serait de permettre aux banques de vendre leurs créances difficiles à des sociétés spécialisées, au lieu de les conserver pendant des années dans leurs comptes.

La banque récupérerait immédiatement une partie de la somme, généralement inférieure au montant initialement prêté. L’acquéreur tenterait ensuite de négocier un remboursement, de restructurer la dette ou de mobiliser les garanties associées au crédit.

La Banque mondiale juge la mise en place de ce marché « indispensable ». Celui-ci n’effacerait pas les dettes des emprunteurs et ne garantirait pas davantage leur remboursement intégral, mais il permettrait aux banques de nettoyer plus rapidement leurs bilans.

L’institution relève un autre risque : la progression rapide des financements accordés aux entreprises publiques et aux structures spécialement créées pour porter certains projets. Cette évolution pourrait compliquer le suivi des engagements liés à l’État et concentrer une part croissante des risques sur les mêmes acteurs.

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Le système bancaire marocain demeure donc résilient, mais les 8,9 % de crédits non performants constituent une fragilité persistante. L’enjeu sera désormais de récupérer autant que possible les sommes prêtées sans bloquer durablement la capacité des banques à financer l’économie.