Mohammed VI, un roi moderne pour le Maroc

- 00h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le souverain chérifien est un homme discret. Sans bruit, Mohammed VI fait avancer la société marocaine et joue un rôle déterminant dans le monde méditerranéen et musulman. La Maroc pourrait être bientôt le premier Etat arabe à supprimer la peine capitale de son arsenal judiciaire.

Michel Taube, de l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) le confirmait au début du mois, à l’occasion du troisième Congrès contre la peine de mort qui se tenait à Paris : « Tout un faisceau d’indices prouve qu’à brève ou moyenne échéance le Maroc pourrait abolir la peine de mort ». Autre actualité symboliquement forte : l’ouverture au Parlement de Rabat du débat sur le projet de loi permettant aux femmes marocaines mariées à des étrangers de transmettre leur nationalité à leurs enfants, ce qui était impossible jusqu’à présent.

Ce projet, voulu par le roi du Maroc en juillet 2005, mettra fin à « une injustice flagrante faite aux femmes », comme l’affirment plusieurs ONG féminines. La politique moderne menée par Mohammed VI permet d’expliquer cette évolution de la société marocaine.

Agé de 43 ans, ouvert à l’international, docteur en droit (il a soutenu une thèse consacrée à la coopération entre la communauté économique européenne et l’Union du Maghreb arabe), il a manifesté à maintes occasions son souhait de faire du Maroc un pays ouvert et dynamique. Si les associations de défense des droits de l’Homme demeurent attentives à l’exercice de certaines libertés publiques (presse, réunions, associations), la société civile marocaine a connu un développement significatif depuis l’accession de Mohammed VI au trône, en 1999, à la mort de son père, Hassan II.

Parmi les mesures significatives qui traduisent cette ouverture, l’autorisation de retour au Maroc accordée en septembre 2000 à Abraham Serfaty, opposant de toujours, est l’une des plus symboliques.

Ce climat a permis le développement de la vie démocratique, par l’intermédiaire des partis politiques et des ONG, qui peuvent y exercer leurs missions de manière satisfaisante. Explorateur d’une voie arabe de la modernité, Mohammed VI demeure fidèle à son environnement culturel et géographique. Croyant convaincu, attaché à ses traditions, le souverain manifeste régulièrement sa solidarité avec le monde africain et arabe, comme en témoigne la signature d’accords économiques ambitieux avec le Burkina Faso, le 8 février, ou la condamnation des travaux entrepris à Jérusalem sur l’esplanade des Mosquées.

Trois défis pour un roi

Terrorisme islamiste

La présence avérée de cellules dormantes d’al-Qaida sur le sol marocain remonte à 2002 et aux premières arrestations. En mai 2003, un attentat mené par un groupe salafiste avait fait 33 morts dans les rues de Casablanca. La menace reste toujours vive. Dimanche dernier, alors que l’Algérie connaît une nouvelle flambée du terrorisme islamiste, une réunion s’est tenue au ministère de l’Intérieur marocain et devrait déboucher sur la mise en place d’un plan vigipirate marocain

Le Sahara

Le Maroc revendique sa souveraineté sur le Sahara, ancienne possession espagnole annexée en 1975. Il affronte sur place le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui appuyé par l’Algérie. Une délégation marocaine a rencontré Jacques Chirac, puis José Luis Zapatero la semaine dernière pour leur présenter un plan fondé sur la souveraineté du Maroc, mais aussi sur la reconnaissance des particularismes locaux. L’ONU soutient pour sa part le droit du Sahara à l’autodétermination

Tanger 2012

La ville de Tanger est candidate à l’organisation de l’Exposition universelle de 2012. Plusieurs personnalités de stature internationale ont apporté leur soutien au dossier présenté par cette ville située sur le détroit de Gibraltar. Parmi les signataires, on remarque Federico Mayor, ancien directeur général de l’Unesco, qui préside le Comité de soutien. Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU et Michel Rocard, ancien Premier ministre français, sont présidents d’honneur.

Direct Soir - Guillaume Zeller

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    Urgence. Bien que le Maroc multiplie les réformes démocratiques, aucune disposition ne statue pour l'instant sur l'abolition de la peine de mort. À en croire certains analystes, la donne pourrait changer dans les prochains mois.

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