Monde du travail : Le Maroc épinglé

- 19h03 - Maroc - Ecrit par : L.A

Dans son premier rapport annuel, la Confédération syndicale internationale ne ménage pas le Maroc. Elle évoque mort d’homme, exactions et licenciements abusifs de travailleurs syndiqués dans le Royaume.

Dur, dur, d’être travailleur syndiqué au Maroc ! C’est ce qui ressort du premier rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI). Sur la base de rapports reçus de la part des syndicats nationaux, cette « multinationale des syndicats » pointe du doigt le Royaume pour avoir recensé en 2006 de nombreuses pratiques jugées anti-syndicales. Des cas concrets sont donnés comme exemples.

Le plus grave concerne Moustapha Laaraj, secrétaire général du Syndicat des employés municipaux de Tiflet affilié à l’UMT. « Il a été tué au cours de la répression policière d’une manifestation (des employés des municipalités locales) tenue à Rabat le 29 juin », souligne la CSI.

« La manifestation avait été déclarée illégale et la police a eu recours à la force de manière excessive pour disperser les manifestants, blessant bon nombre d’entre eux, et tuant M. Laaraj qui avait 34 ans. Des douzaines d’arrestations ont eu lieu », précise la Confédération. Le syndicaliste tué figure parmi 144 syndicalistes tués dans le monde en 2006, selon le rapport de la CSI qui couvre 138 pays.

Dans le registre des licenciements collectifs pour cause d’action syndicale, Dewhirst Ladieswear à Tanger figure en haut de la liste noire. « Cette société a licencié 486 travailleurs (l’usine en employait 1.050) après avoir pris part à une action syndicale de protestation contre la discrimination dont étaient victimes les travailleurs syndiqués et contre les piètres conditions de travail, notamment les bas salaires et le harcèlement sexuel », relève la CSI.

Autre licenciement massif relevé, celui signalé en mars de l’année dernière. Il concerne 150 travailleurs qui avaient été licenciés par l’exploitation La Clémentine, à cause de leur appartenance syndicale.

Dans la même liste noire, Maroc Télécom a également sa place. Il lui est reproché le licenciement abusif d’Ahmed Mohcen, secrétaire général de la section de Safi du Syndicat national de la poste et des télécommunications affilié à la CDT (SNPT-CDT).

Par ailleurs, la CSI souligne qu’il existe de nombreux abus dans les zones franches. Elle déplore aussi les poursuites judiciaires qui interviennent après certaines grèves et assure qu’il y a bon nombre de violations des droits syndicaux dans l’industrie du vêtement, où plus de 70% des effectifs sont des femmes, pour la plupart âgées de moins de 30 ans...

Les constats établis par la CSI qui regroupe plus de trois cents syndicats du monde entier, ressurgiront lors de la conférence annuelle tripartite de l’OIT où chaque pays tente de vendre son image d’Etat socialement responsable. Ce qui risque de mettre à mal le Maroc.

Le Reporter - Mohamed Zainab

  • Conflits sociaux : 25 grèves au mois de juin

    Thermomètre du climat social, les statistiques sur les conflits collectifs deviennent mensuelles. Le ministère de l'Emploi a mis en place un système pour un suivi de la « température » sociale et s'apprêterait à lancer d'autres indicateurs en se basant sur les données de la CNSS. En juin 2008, 25 grèves ont été déclenchées contre 21 le mois précédent, soit une progression de 19%.

  • Les syndicalistes d'Espagne assimilent les saisoniers marocains à de l'esclavage

    Le Maroc se félicite de pouvoir placer de nombreux travailleurs saisonniers chez son voisin ibérique. Seulement, sur place, des syndicalistes assimilent la situation de ces travailleurs à un véritable esclavage.

  • Sefrou : une manifestation pacifique s'achève dans la violence

    Une trentaine de personnes ont été arrêtées dimanche à la suite d'une manifestation contre la hausse des prix à Sefrou, au Maroc. Quatre responsables de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) ont été interpellés dans le cadre de cette affaire.

  • Années de plomb : l'Etat doit-il s'excuser publiquement ?

    L'Etat marocain compte-t-il ou non faire des excuses publiques sur les violations graves des droits de l'homme commises entre 1956 et 1999, comme le recommande l'Instance équité et réconciliation (IER) dans son rapport rendu public le 16 décembre 2005 ? Près de deux années après la fin des travaux de cette commission de vérité, le flou persiste sur cette question, certains considérant que la symbolique du geste est nécessaire pour éteindre la flamme des rancœurs, d'autres considérant que l'ensemble du processus, notamment les auditions publiques des victimes et l'engagement du processus d'indemnisation tiennent lieu à la fois de reconnaissance et d'excuses implicites.

  • Port du voile : les entreprises continuent de louvoyer

    Victime de ségrégation non avouée, Laila Loubani, cadre dans une société de services, en connaît un rayon sur la question. Non pas à cause de son physique, encore moins de ses compétences, mais parce que, tout simplement, elle porte un hijab. « Très peu de recruteurs osaient invoquer mon voile pour motiver leur refus », souligne-t-elle. Aujourd'hui, beaucoup de femmes disent être victimes de discrimination à l'embauche.

  • E-Maroc : Bilan à mi-parcours

    A l'issue du mandat du gouvernement Jettou, Rachid Talbi El Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Affaires économiques et générales, a saisi l'occasion pour faire le bilan sur la stratégie e-Maroc 2010. Pour ce faire, le département d'El Alami a élaboré un livre de référence qui fait le point à mi-parcours sur les avancées réalisées dans les domaines de l'information et ceux des technologies de communication.

  • 300 milliards de dollars des transferts des migrants en 2006

    Les migrants ont transféré vers leurs pays en développement dont ils sont originaires plus de 300 milliards de dollars en 2006, soit plus du montant de l'aide internationale au développement, indique une étude publiée mercredi par le Fonds international de développement agricole.

  • Tanger : Les MRE sauvent la saison touristique

    Accident de parcours ou crise conjoncturelle ? Les chiffres de la fréquentation touristique pour le mois d'août dernier ont étonné plus d'un. Le nombre de nuitées réalisées en août 2007, principal indicateur de la production touristique, a chuté de plus de 6% par rapport à la même période de l'année dernière. Pour la première fois depuis le début de l'année, la ville de Tanger réalise moins que la moyenne nationale qui s'est placée à 1% d'augmentation pour la même période du mois d'août. En matière d'arrivées, la baisse a été encore plus marquée. La ville a accueilli en août 48.000 touristes, soit 11% de moins qu'en août 2006.

  • Nouvelle grève dans le secteur public

    La riposte des syndicats à l'offre gouvernementale ne s'est pas fait attendre ! L'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), la Fédération démocratique du travail (FDT), l'Union syndicale des fonctionnaires affiliée à l'UMT, l'Organisation démocratique du travail (ODT) ont lancé un appel à la grève générale pour le mardi 13 mai dans l'Administration publique et les Collectivités locales. A noter que, selon les syndicalistes, les trois derniers mouvements de grève de l'année en cours (3 et 4 janvier, 12 et 13 février, et 23 et 24 avril 2008) avaient mobilisé, en moyenne, 70% des fonctionnaires.

  • Le taux de mortalité maternelle alarmant au Maroc

    Selon un rapport de l'Unicef et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié vendredi, la mortalité des femmes en maternité dans le monde ne recule pas assez vite. En effet, le taux de mortalité maternelle qui exprime le nombre de décès pour 100 000 naissances vivantes diminue trop lentement pour être en mesure d'atteindre le cinquième objectif du Millénaire pour le développement , à savoir réduire des trois quarts d'ici 2015 le nombre des femmes qui meurent pendant une grossesse ou lors d'un accouchement.