Née au Maroc, elle décroche cinq 10/10 et arrive première parmi 2 300 nouveaux étudiants en Espagne
Quand les résultats sont arrivés, Meryem pleurait pendant que sa mère annonçait ses notes à voix haute. Un mois plus tard, la lycéenne peinait encore à croire à ce qu’elle venait de réussir.
Au lycée public IES Alhama de Corella, en Navarre, Meryem Bhallil Bahloul a terminé ses deux années de baccalauréat espagnol avec 9,88/10 de moyenne. Aux épreuves d’entrée à l’université, elle a obtenu cinq 10/10 : en mathématiques, histoire, espagnol, physique et dessin technique. Après application des coefficients, sa note d’admission la place en tête des étudiants inscrits en première année à l’Université publique de Navarre (UPNA) pour la rentrée de septembre 2026, parmi près de 2 300 nouveaux venus, selon Diario de Navarra.
En juin, elle envisageait déjà des études d’ingénierie, hésitant entre mécanique et industrie, expliquait-elle. Elle imaginait un bon résultat, sans envisager un score aussi élevé. Il lui faudra attendre la mi-juillet pour pleinement réaliser sa performance, racontera-t-elle dans un entretien publié en septembre.
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Meryem est née à Jerada, dans l’est du Maroc, en octobre 2008. À dix mois, elle s’installe à Corella avec ses parents, Rabah et Aicha, et sa sœur aînée, Loubna. La famille parle arabe à la maison. Elle apprend l’espagnol en regardant des dessins animés, à l’école et au contact de sa sœur.
Son père dirige une équipe dans le bâtiment, sa mère s’occupe du foyer. Meryem et Loubna sont les premières de leur famille à fréquenter l’université. L’aînée étudie le droit. Toutes deux bénéficient de bourses couvrant leurs frais d’inscription et la moitié du coût de leur résidence étudiante. Le logement représente malgré tout un effort financier important pour leurs parents, raconte Meryem dans un portrait publié par Diario de Navarra.
D’un rêve d’écriture à l’ingénierie
Petite, Meryem voulait être écrivaine. Vers 13 ans, elle choisit plutôt l’ingénierie, attirée par les sciences et la perspective de comprendre comment les choses fonctionnent. À l’UPNA, elle étudie désormais les technologies industrielles. Dans sa classe d’environ 70 étudiants, elle compte une vingtaine de femmes, indique-t-elle.
Son excellent dossier s’accompagne d’une pression nouvelle : celle de devoir rester à la hauteur de ses résultats. À Pampelune, sa sœur, déjà habituée à la vie universitaire, l’aide à découvrir les lieux. Meryem aimerait un jour y exercer comme ingénieure.
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Au Maroc, ses grands-parents ont déjà une autre manière de célébrer sa réussite : ils montrent aux voisins de leur village le journal dans lequel figure sa photo.