Il nie avoir 803 734 euros au Maroc : le juge donne tout à son ex-femme
Un homme niait posséder une épargne de 8,5 millions de dirhams et un Jeep au Maroc pendant son divorce aux Pays-Bas. Le tribunal estime qu’il a volontairement dissimulé ces biens et les attribue intégralement à son ex-femme.
L’affaire oppose deux ressortissants marocains mariés en 1996 au consulat du Maroc en Allemagne. Le mari possède également la nationalité néerlandaise et son épouse la nationalité allemande. Après près de trente ans de mariage, leur divorce a déclenché une bataille autour de plusieurs biens détenus au Maroc.
L’épouse affirmait que son mari lui cachait notamment un compte d’épargne à la Banque Populaire, un Jeep et un complexe immobilier construit sur des terrains lui appartenant. Lui contestait l’existence de ces biens.
La femme a produit des documents retraçant pendant quatorze ans les mouvements d’un compte d’épargne marocain ouvert au nom de son mari. En septembre 2018, celui-ci contenait 8,5 millions de dirhams, soit 803 734 euros, détaille la décision du tribunal de Zélande-Brabant occidental, rendue le 12 mai et publiée le 3 juillet 2026.
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Le mari a présenté une attestation de la Banque Populaire indiquant qu’il ne détenait actuellement qu’un autre compte. Pour le tribunal, ce document ne démontrait pas que l’épargne litigieuse n’avait jamais existé. Il prouvait tout au plus que le compte avait depuis été fermé.
Le juge attendait donc du mari qu’il explique ce qu’étaient devenus les 8,5 millions de dirhams. Faute d’explication, il considère que l’argent existe encore, éventuellement placé ailleurs, et qu’il a été volontairement soustrait à la procédure de partage.
En cachant l’argent, il perd sa moitié
Cette dissimulation entraîne une conséquence particulièrement lourde. En droit néerlandais, un époux qui cache volontairement un bien appartenant à la communauté matrimoniale peut perdre sa part dans ce bien.
Le mari ne doit donc pas seulement partager les 803 734 euros. Le tribunal attribue la totalité de cette somme à son ex-femme et lui ordonne de la lui verser.
Le même raisonnement est appliqué au Jeep que l’homme affirmait ne pas posséder. Son épouse a fourni une photographie du véhicule ainsi qu’un procès-verbal établi après une vérification effectuée le 8 avril 2026 auprès du service d’immatriculation au Maroc. Le véhicule y apparaissait toujours enregistré au nom du mari.
Les documents marocains qu’il a produits en réponse n’étaient pas accompagnés d’une traduction néerlandaise et semblaient concerner des faits postérieurs à cette vérification. Le tribunal considère donc que le Jeep appartenait bien à la communauté et qu’il a lui aussi été volontairement dissimulé. L’homme doit le remettre intégralement à son ex-femme.
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La femme n’obtient en revanche pas gain de cause concernant le complexe immobilier qu’elle disait construit sur deux terrains achetés par son mari au Maroc. Une autorisation de construire, des photographies et des vidéos ne permettent pas d’établir avec certitude que le bâtiment visible se trouve sur ces parcelles ni qu’il appartient toujours à l’homme.