Il paie déjà une pension alimentaire aux Pays-Bas, mais la justice marocaine lui réclame davantage

- 07h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Un père de famille vivant aux Pays-Bas redoute d’être arrêté lors d’un prochain voyage au Maroc. Malgré une pension alimentaire déjà fixée par la justice néerlandaise, un tribunal marocain lui réclame de nouvelles sommes. Il vient d’obtenir la suspension de cette décision devant le tribunal d’Amsterdam.

Partir au Maroc pourrait lui coûter sa liberté. Cet homme de nationalité néerlandaise risque, selon les éléments examinés par la justice, une arrestation à la frontière pour des pensions alimentaires impayées. Pourtant, son divorce a été prononcé aux Pays-Bas en 2023 et une contribution mensuelle de 50 euros a déjà été fixée pour sa fille. Face aux nouvelles obligations imposées par un tribunal marocain, il a saisi la justice d’Amsterdam.

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L’histoire commence en novembre 2014. Le couple se marie au Maroc avant de s’installer aux Pays-Bas, où naît leur fille en 2016. Après plusieurs années de vie commune, le père engage une première procédure de divorce au Maroc en 2020, puis l’abandonne. Il préfère finalement saisir un tribunal néerlandais, qui prononce la séparation en mars 2023.

Mais son ex-épouse relance le dossier au Maroc. Le 4 novembre 2025, la justice marocaine lui accorde 60 000 dirhams au titre de la compensation de divorce, la mout’a, et 3 000 dirhams pour son logement pendant la période de viduité. Le père doit également verser 400 dirhams mensuels pour le logement de leur fille et 100 dirhams pour son entretien et son éducation, avec effet rétroactif à mars 2023.

Le tribunal néerlandais suspend la décision marocaine

Pour le père, qui affirme vivre d’une allocation, ces nouvelles obligations représentent une charge supplémentaire. Il avait déjà versé 46 416 dirhams en février 2024 en application d’une précédente décision marocaine.

Dans son jugement du 5 octobre 2026, le tribunal d’Amsterdam relève une difficulté majeure : les deux parents et leur enfant ont toujours vécu aux Pays-Bas depuis le mariage. La justice néerlandaise était donc compétente pour fixer les obligations alimentaires. Les sommes accordées au Maroc créent, selon le juge, un risque de double paiement pour l’entretien de la fillette.

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Le magistrat n’épargne pas non plus le père. Il constate que celui-ci avait initialement engagé lui-même une procédure au Maroc avant de changer de stratégie, et qu’il avait communiqué des informations incomplètes à ses avocats.

Le tribunal suspend néanmoins l’exécution du jugement marocain du 4 novembre 2025, ainsi que celle d’une éventuelle décision rendue en appel, dans l’attente d’une procédure au fond aux Pays-Bas ou d’une annulation au Maroc. La pension néerlandaise de 50 euros reste applicable. La mère conserve également le droit de demander aux juges néerlandais une contribution plus importante ou une pension pour elle-même.