Paris et Rabat au coude à coude au Sahara

- 23h58 - France - Ecrit par :

Si un dossier illustre l’étroite alliance franco-marocaine, c’est bien celui du Sahara. Paris a pris fait et cause pour Rabat. A l’occasion de sa visite au Maroc, le président Jacques Chirac a plaidé dans une entrevue à l’agence de presse marocaine MAP pour une « solution politique, réaliste et durable (...) qui prenne en compte les intérêts du Maroc et la stabilité régionale ». Il a réclamé la libération des quelques centaines de prisonniers de guerre marocains encore détenus par le Front Polisario, « une obligation du point de vue du droit international humanitaire ».

Les journaux du royaume se félicitaient hier d’une même voix de cette prise de position. « La convergence des points de vue est sans équivoque », écrivait ainsi le quotidien Libération. Lors d’un précédent voyage en 2001, le président de la République s’était déjà aligné sur la position des dirigeants marocains en reprenant à son compte le vocable de « provinces du sud » par lequel ils désignent le territoire occupé.

Au risque de sembler renier dans les sables sahariens les principes qu’elle défend sous d’autres cieux, la diplomatie française a oeuvré l’été dernier pour éviter le vote d’une résolution contraignante des Nations unies entérinant le plan échafaudé par l’envoyé spécial de l’organisation internationale, James Baker. L’ancien secrétaire d’État américain avait proposé un régime d’autonomie de cinq ans. Un référendum organisé dans l’ancienne possession espagnole déterminerait alors son statut définitif.

Non seulement les Sahraouis d’origine, mais aussi les civils marocains établis depuis fin 1999 dans ce territoire, auraient le droit de voter. Baker a ainsi élargi le corps électoral par rapport à des projets précédents, ce qui n’a pas empêché le Maroc de récuser son plan. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, l’a en revanche bien accueilli. Le Conseil de sécurité de l’ONU, le 31 juillet, s’est finalement contenté de mentionner son « appui » au plan plutôt que de le reprendre à son compte. Les États-Unis, qui avaient plaidé pour une action résolue de l’ONU, ont fait marche arrière. Le 23 septembre à New York, le président George W. Bush a confirmé au roi Mohammed VI sa volonté de « ne pas imposer un règlement ». Le dossier est, une fois de plus, dans l’impasse.

La question du Sahara empoisonne les relations entre le Maroc et l’Algérie et empêche tout rapprochement des pays maghrébins. C’est pendant l’agonie de Franco en 1975 que le rio del Oro espagnol, un territoire de 266 000 km2 quasiment désertique, est tombé sous la souveraineté de Rabat. L’Algérie a pris fait et cause pour les revendications indépendantistes du Front Polisario, qui a proclamé une fantomatique République arabe sahraouie démocratique (RASD) reconnue par plusieurs dizaines de pays en développement mais ignorée par les grandes puissances.

Près de trente ans plus tard, malgré les promesses de la communauté internationale d’organiser un référendum d’autodétermination sous la supervision de l’ONU, le Maroc maintient son emprise sur le territoire. Mohammed VI, depuis son accession au trône, en a fait une de ses priorités. « J’ai réglé la question du Sahara », affirmait-il l’an dernier dans une interview au Figaro. Sachant que le temps joue en sa faveur, le Maroc peut se permettre de rester intransigeant.

lefigaro.fr

  • Les raisons du soutien français

    « La France souhaite ardemment une solution au conflit du Sahara, qui constitue un frein à la construction d'un Maghreb uni. Nous plaidons en faveur d'une solution politique réaliste et durable, agréée entre les parties, solution qui prenne en compte les intérêts du Maroc et la stabilité régionale.

  • Washington n'imposera pas de règlement au Maroc sur la question du Sahara

    Le président américain George W. Bush a affirmé mardi au roi du Maroc Mohammed VI que Washington « n'imposera pas de règlement » sur la question du Sahara, a indiqué un responsable américain.

  • En visite privée en France, le roi du Maroc doit rencontrer Chirac

    Le roi Mohammed VI du Maroc, qui effectue depuis lundi une visite privée en France, devait s'entretenir mercredi soir à Paris lors d'un dîner à l'Elysée avec le président Jacques Chirac, a-t-on appris de sources diplomatiques concordantes.

  • Les prisonniers marocains libérés par le Polisario rapatriés le 1er septembre

    Les 243 prisonniers de guerre marocains libérés le 14 août par le Polisario seront rapatriés au Maroc le 1er septembre, a annoncé mercredi un communiqué du mouvement indépendantiste. Ces prisonniers, dont des officiers, libérés à la demande du chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, seront acheminés vers leur pays par le Comité International de la croix rouge (CICR) et la Croix rouge espagnole, a précisé le Polisario.

  • Le pari sur la démocratie et la stabilité

    Marquées de forts symboles, les trois étapes de la visite d'Etat de Jacques Chirac ont souligné le soutien de la France à la démocratie, à la stabilité et au développement du Maroc. Message éloquent et fort bien reçu.

  • Jacques Chirac entame sa visite d'Etat de trois jours au Maroc

    Jacques Chirac effectue de jeudi à samedi une visite d'Etat au Maroc au cours de laquelle il devrait apporter au royaume de Mohammed VI le soutien de la France à la politique de réformes et de modernisation. Le président français, qui entretient avec la famille royale des relations très amicales, sera accompagné par son épouse Bernadette. Ils se rendront successivement à Fès, l'ancienne cité impériale, où ils seront accueillis par le souverain alaouite et son épouse, la princesse Lalla Salma, puis à Tanger et à Rabat, la capitale.

  • Sahara : Pour une solution négociée entre le Maroc et l'Algérie

    Intervenant vendredi au terme du débat de la 4ème commission de l'Assemblée générale de l'ONU, le représentant permanent du Royaume auprès de l'ONU, Mohamed Bennouna, a déclaré que "le règlement définitif et durable du différend relatif au Sahara marocain devrait passer par l'élaboration d'une solution politique négociée entre les deux pays voisins, le Maroc et l'Algérie".

  • Alger responsable des violations des droits des prisonniers marocains

    Le Maroc rend l'Algérie responsable de "graves violations du droit international" contre les 917 soldats marocains encore détenus à Tindouf (sud-ouest algérien) par le front Polisario, a rapporté l'agence marocaine MAP.

  • Chirac, « l'ami du Maroc », accueilli à Fès

    Salué par l'ensemble de la presse locale comme »l'ami du Maroc », Jacques Chirac est arrivé jeudi après-midi à Fès dans le centre du royaume. Plusieurs dizaines de milliers de Marocains, principalement des écoliers brandissant des drapeaux tricolores, ont réservé un accueil particulièrement chaleureux au président français.

  • Sahara Marocain : Le jeu pervers de Washington

    En visite mardi à Rabat où il a rencontré le roi Mohammed VI, il a appelé au « dialogue franc et ouvert » entre l'Algérie et le Maroc « en vue de trouver ensemble les moyens d'avancer » et exhorté le roi du Maroc et le président algérien à trouver un terrain d'entente dans ce sens.