Un passeport marocain ne suffit pas toujours pour jouer avec les Lions de l’Atlas
Posséder la nationalité marocaine ne garantit pas toujours le droit de jouer avec les Lions de l’Atlas. La FIFA vient de préciser les critères appliqués aux binationaux et aux joueurs souhaitant changer de sélection, une question importante pour les nombreux talents suivis par le Maroc.
La FIFA a publié jeudi 10 septembre 2026 une nouvelle édition de son commentaire sur les conditions d’éligibilité en équipe nationale, accompagnée d’un guide actualisé sur les demandes d’éligibilité et de changement d’association.
Ces documents détaillent la manière dont la FIFA et son Tribunal du Football interprètent les règles. Ils tiennent notamment compte des décisions rendues par les instances de la FIFA et le Tribunal arbitral du sport jusqu’au 30 juin 2026.
L’instance distingue clairement la nationalité juridique de la nationalité sportive. Dans les situations où un « lien effectif » est exigé, le passeport ne suffit pas : le joueur doit également établir un lien objectivement vérifiable avec le territoire de la fédération qu’il souhaite représenter, précise la FIFA.
Ce lien peut reposer sur son lieu de naissance, celui d’au moins l’un de ses parents ou grands-parents biologiques, ou sur une période de résidence conforme aux règles de la FIFA. L’attachement personnel, culturel ou affectif à un pays ne constitue pas, à lui seul, un critère d’éligibilité.
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Cette clarification intéresse directement le Maroc, qui suit régulièrement des joueurs formés en France, en Belgique, aux Pays-Bas ou en Espagne. La FIFA a notamment validé le changement d’association de Rayane Bounida en faveur du Maroc, après ses apparitions avec les sélections de jeunes belges.
Nationalité juridique et nationalité sportive
Le principe du « lien effectif » n’est pas nouveau. La FIFA précise que le cadre réglementaire reste globalement inchangé depuis la réforme adoptée en septembre 2020. La nouveauté réside dans les explications apportées à partir de la jurisprudence récente.
Le commentaire revient notamment sur les conditions dans lesquelles une nationalité est considérée comme acquise, les périodes de résidence et leurs éventuelles interruptions, les critères territoriaux ainsi que la définition d’un match international de niveau « A ».
Cette dernière notion est essentielle pour déterminer si un joueur ayant déjà représenté un pays peut encore changer de sélection. La FIFA considère qu’un joueur a disputé un match dès lors qu’il est effectivement entré sur le terrain, même pendant un très court instant. Une simple convocation ou une présence sur le banc ne suffit pas.
La participation avec une sélection de jeunes n’interdit pas automatiquement tout changement. La situation dépend notamment du caractère officiel des rencontres disputées, de l’âge du joueur, du niveau auquel il a évolué et de la nationalité qu’il possédait lors de ses premières apparitions internationales.
Tous les dossiers ne suivent donc pas la même procédure. Certains joueurs doivent demander un changement d’association, tandis que d’autres ont besoin d’une décision sur leur éligibilité ou d’une simple confirmation. Le Maroc a récemment engagé ce type de démarches pour plusieurs jeunes évoluant aux Pays-Bas, dont Oualid Agougil, autorisé à rejoindre les sélections marocaines.
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La FIFA impose également un délai précis aux fédérations. Toute demande nécessitant une décision de la chambre du statut du joueur doit être déposée sur son portail juridique au plus tard quinze jours avant le début de la fenêtre internationale concernée.
Pour la Fédération royale marocaine de football, ce calendrier est déterminant : un dossier présenté trop tard risque de ne pas être traité à temps pour permettre au joueur de répondre à une convocation.
Les documents publiés le 10 septembre ne modifient donc pas les conditions permettant de rejoindre une nouvelle sélection. Ils expliquent plus précisément comment les règles existantes sont appliquées. Chaque dossier reste examiné individuellement et, lorsque le règlement exige un lien effectif, posséder un passeport marocain ne suffit pas à lui seul.