Pays-Bas : L’arabe, le nouveau joker des lycéens pour réussir leurs examens

- 09h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Aux Pays-Bas, les élèves de la diaspora misent massivement sur l’arabe pour leurs examens finaux. Une stratégie linguistique payante qui permet de gonfler les moyennes et d’alléger un programme scolaire parfois chargé.

L’engouement pour les épreuves d’arabe explose dans les lycées néerlandais. Selon les données relayées par NOS, le nombre de candidats en arabe est passé de 186 en 2022 à 401 aujourd’hui, tandis que le turc a bondi de 91 à 338 inscrits. Samira Haddad, enseignante, précise que l’arabe attire naturellement les enfants de certains pays arabes, pour qui la maîtrise préalable de la langue facilite grandement l’épreuve.

Sur Bladi.net : Marocains des Pays-Bas : cette langue qu’on leur a imposée à l’école

Au-delà de l’attachement aux racines, le choix de ces matières cache une véritable tactique scolaire. Les excellentes notes obtenues servent de filet de sécurité. « Vous pouvez utiliser cela comme compensation pour d’autres matières, ou en abandonner une autre », détaille Mehmet Uz, représentant d’une association de professeurs. C’est le calcul exact d’Asma Kadura, une Palestinienne de 16 ans. En passant l’arabe appris en Syrie, elle a pu rayer la biologie de son cursus. « Je n’en ai pas vraiment besoin, car je veux devenir architecte », confie-t-elle.

Sur Bladi.net : Ces Marocains troquent les Pays-Bas pour le Maroc

Si l’oral est une formalité pour beaucoup, la lecture et l’écriture demandent de gros efforts à ces jeunes qui découvrent souvent la littérature de leur pays d’origine. De plus, l’offre éducative peine à suivre la cadence. Le manque de professeurs et de budgets freine l’expansion de ces cours. À cela s’ajoute une réticence tenace de certains établissements. Ces derniers associent à tort ces options à un enseignement religieux, ignorant qu’il s’agit strictement de l’apprentissage d’une langue vivante.