Le pétrole vaut 90 dollars, le diesel 191 : le Maroc paie cher de ne plus raffiner
Le pétrole brut s’échange autour de 90 dollars le baril, mais le gazole raffiné atteint environ 191 dollars. Cet écart exceptionnel frappe particulièrement le Maroc, qui ne raffine plus de pétrole depuis l’arrêt de la Samir et importe ses carburants déjà transformés.
La flambée ne vient plus seulement du pétrole. Cette semaine, l’écart entre le prix du brut et celui du gazole a dépassé 100 dollars par baril. Un phénomène exceptionnel confirmé par Reuters, qui rapporte que la marge de raffinage du diesel a franchi pour la première fois ce seuil, atteignant 102,20 dollars sur le marché américain.
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Les perturbations des raffineries au Moyen-Orient et en Russie ont réduit l’offre de carburants transformés. En juillet, l’activité mondiale de raffinage a chuté de près de cinq millions de barils par jour par rapport à un an auparavant. Le brut peut donc se détendre sans que le gazole suive.
Pour le Maroc, la situation est particulièrement sensible. Depuis l’arrêt de la Samir en 2015, le Royaume achète ses carburants raffinés sur le marché international. Il subit donc directement l’envolée actuelle du coût de transformation du pétrole.
Un écart de 5 dirhams par litre
El Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz et président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine, chiffre cet écart. Selon les données communiquées, un litre de brut représente actuellement environ 5,2 dirhams, contre 10,2 dirhams pour un litre de gazole acheté sur le marché international.
Avec une consommation proche de sept milliards de litres de gazole par an, il évalue à plus de 35 milliards de dirhams l’écart annuel entre ces deux valeurs.
Ce montant ne correspond toutefois pas à une perte que le Maroc récupérerait automatiquement en rouvrant une raffinerie. Le raffinage a lui-même un coût et un baril de brut produit plusieurs carburants et dérivés. Le calcul d’El Yamani mesure surtout l’ampleur exceptionnelle de l’écart actuel entre brut et produit fini.
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El Yamani estime que cette crise renforce l’intérêt d’une reprise du raffinage à Mohammedia. Alors que les marges des raffineries atteignent des niveaux historiques, l’arrêt de la Samir expose directement le Maroc au prix élevé des carburants déjà transformés.