Plus de 21.000 Marocains refoulés d’Espagne en 2001

- 13h44 - Espagne - Ecrit par :

Les autorités espagnoles ont reconnu avoir refoulé en 2001, aux postes frontaliers, 22.984 immigrés, dont plus de 21.000 Marocains, qui avaient tenté d’entrer illégalement en Espagne et affirmé disposer en même temps de plus de 127.000 postes d’emplois boudés par les Espagnols.

Ces deux données ont été révélées, mercredi lors des séances de contrôle à la Chambre basse espagnole, séparément par le Président du gouvernement, M. José Maria Aznar, et le délégué du gouvernement pour les affaires de l’immigration et les étrangers, M. Enriqué Fernandez-Miranda, qui ont voulu attirer l’attention sur les implications socio-professionnelles de la question de l’immigration en Espagne.
M. Aznar a précisé qu’actuellement, un total de 127.216 offres d’emploi sont déposées aux différents bureaux d’emploi et qu’aucun Espagnol n’en veut. Les chômeurs recensés boudent ces emplois ce qui amène l’Exécutif à revoir le mode de versement des allocations de chômage afin de mettre un terme à cette situation, a-t-il dit.
De son côté, M. Fernandez-Miranda a apporté à la commission de la justice et de l’intérieur de nouvelles statistiques sur l’immigration en Espagne, notamment le cas de sans-papiers refoulés, détenus ou expulsés, dont le nombre est inférieur à la moitié du nombre d’emplois boudés par les Espagnols.
Durant l’année dernière, 18.517 clandestins qui tentaient de débarquer illégalement sur les côtes espagnoles ont été arrêtés, dont 14.405 au Détroit de Gibraltar et 4.112 aux Iles Canaries.
En comparaison avec l’an 2000, le nombre de clandestins qui ont traversé le Détroit n’a augmenté que de 1.600 alors que ceux qui ont été arrêtés sur les côtes canariennes a doublé (passant de 2.410 en 2000 à 4.112 en 2001).

Les Marocains en tête de liste

Un total de 44.841 immigrés en situation irrégulière ont été rapatriés, expulsés vers leurs pays d’origine ou carrément interdits de fouler le territoire espagnol au cours de l’année dernière.
Les personnes qui ont été refoulées aux postes frontaliers de l’aéroport de Barjas, aux ports d’Almeria, de Sebta, d’Alicante, Algesiras, ou de Barcelone étaient principalement de nationalités marocaine, colombienne et équatorienne. Celles qui ont été détenues sans papiers après leur entrée dans le territoire espagnol étaient au nombre de 22.984, dont 21.706 Marocains.
Le nombre d’immigrés expulsés, sur la base d’une procédure judiciaire, s’est élevé à 12.976 (contre 6.579 en 2002) à cause surtout de l’application stricte des dispositions de la nouvelle loi sur l’immigration, adoptée le 23 décembre 1999. Les Marocains ont été en tête de la liste des clandestins expulsés.
Dans les dernières statistiques officielles du ministère espagnol de l’Intérieur, auxquelles a eu accès jeudi MAP-Madrid, on relève que 19 personnes ont été portées disparues et que 170 immigrés ont péri dans le naufrage d’embarcations de fortune survenus au large des côtes espagnoles durant la période allant du 1er novembre 1998 au 24 avril 2002, y compris les neuf subsahariens dont les corps inanimés ont été repêchés, mercredi matin, dans les Iles Canaries.
Le 26 septembre 1998, était le jour le plus dramatique avec 38 morts dans un naufrage d’une embarcation de fortune dans le Détroit de Gibraltar, rappelle-t-on. Le 26 septembre 1992, quelque 35 autres immigrés avaient perdu la vie dans un autre naufrage similaire.
Actuellement, l’Espagne compte 1.243.919 étrangers (46% d’extra- communautaires), soit 3% de sa population. Le nombre d’affiliés à la sécurité sociale est de 675.410 dont la majorité sont des Marocains (plus de 120.000).
D’après les mêmes statistiques, un total de 1.060 pateras ont été arraisonnées en 2001, 362 réseaux d’immigration illégale ont été démantelés et 1.223 de leurs responsables ont été arrêtés.

L’immigration doit être traitée sous un angle global

L’immigration est universelle et les problèmes qui en résultent doivent être traités dans un cadre global et non seulement sécuritaire, a souligné, vendredi à Rabat, la ministre chargée de la Condition féminine, de la Protection de la famille et de l’enfance et de l’Intégration des handicapés, Mme Nouzha Chekrouni.
Face au phénomène de l’immigration et aux problèmes qui y sont liés, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et la communauté internationale sont appelées à contribuer à leur solution, à la fois dans les pays d’origine et d’accueil, a insisté Mme Chekrouni, lors d’un entretien avec le directeur général de l’OIM, M. Brunson McKinley, actuellement en visite au Maroc.
Il faut s’attaquer aux sources de l’immigration, dont la cause principale en est la pauvreté, à travers l’organisation notamment de campagnes de sensibilisation et une assistance directe aux victimes de ce fléau, a-t-elle indiqué, plaidant pour une plate-forme de coopération multilatérale.
De son côté, M. Brunson a souligné la disposition de l’OIM à collaborer avec toutes les parties concernées par cette question au Maroc et l’importance de l’organisation de campagnes de sensibilisation, notamment par le biais des média et des écoles.
M. Brunson a plaidé pour une approche intégrée dans le traitement de ces problèmes afin que les populations ne soient pas tentées par l’immigration. C’est la seule approche qui peut aboutir, a-t-il affirmé.
Pour réguler les flux migratoires, M. Brunson a appelé à réactiver les clauses de la convention internationale sur les droits d’immigration.
Durant son séjour dans le Royaume, M. Brunson McKinley a eu des entretiens avec plusieurs responsables marocains.
Créée il y a 50 ans, l’OIM compte, jusqu’à décembre 2001, 91 membres, dont le Maroc, et 37 pays ayant un statut d’observateurs. Elle a assisté plus de 11 millions de migrants dans le monde.

MAP

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