Le « Prince of Persia » sauve la mise à Ouarzazate

- 23h55 - Maroc - Ecrit par : L.A

C’est l’effervescence à Ouarzazate. L’arrivée d’un Prince persan y est pour quelque chose. Il a certes fait perdre à la cité des mille kasbahs son calme habituel, mais tout le monde apprécie cette présence avec ses retombées économiques bien concrètes. Adapté du jeu vidéo, ce film est produit par Disney et réalisé par le britannique Mike Newell (« Harry Potter et la coupe de feu », « Quatre mariages et un enterrement »). Le personnage principal est interprété par Jake Gyllenhaal, plus connu pour ses dernières interprétations dans « Le Secret de Brokeback Mountain » ou encore « Jarhead - la fin de l’innocence ».

Ainsi, le Prince de Perse et ses soldats ont très vite occupé la ville. Le temps de quelques démonstrations, Ouarzazate se transforme en champ de bataille et de nombreuses nationalités y prennent part. Pour sa logistique, le tournage du « Prince de Perse » se déroule dans plusieurs endroits stratégiques : Fint, Ksar Aït Benhaddou, casbah de Taourirt et le lac de Fint.

Pour les besoins du tournage, le nombre des artisans, techniciens, figurants et main-d’œuvre non qualifiée a sensiblement été relevé. Sur les plateaux, l’ambiance aussi bien festive qu’harassante n’intimide point les figurants. Pour eux, les films se suivent et se succèdent et leur réalité reste toujours la même. Les grandes stars ne sont qu’un signal que le budget sera de taille. Leur paie sera gonflée de quelques dirhams de plus.

Pas trop de différences entre Jake Gyllenhaal, héros de « Prince of Persia », Brad Pitt, Russel Crow ou d’autres. Pour tourner une scène à 16h où la calèche de la princesse passé devant sa population locale, leur présence est exigée à 5h du matin. Reste que les figurants ne sont pas tous logés à la même enseigne. Chacun est payé en fonction de son rôle. Ainsi, le simple figurant repartira avec 200 DH et le cavalier avec 400 DH. Quant au cascadeur, il est plus gâté avec 1000 DH pour la journée. Là aussi la différence est nette entre un cascadeur espagnol et un cascadeur marocain. Tout dépend des négociations. Et bien évidemment, aucun figurant ne négocie sa rémunération. Pendant le tournage de « Prince of Persia », les figurants ont souvent essuyé d’importants orages, surtout au lac de Fint et au lit du Oued Aït Benhaddou. Mais pour eux, tout cela reste supportable, pourvu que les « rabatteurs » du secteur ne les privent pas d’une partie de leur rémunération. « Au lieu de toucher 6000 DH par semaine, je n’ai que 5000, les 1000 autres sont retranchés par notre responsable », raconte un jeune cascadeur marocain.

Dans les artères d’Ouarzazate, les comédiens, les techniciens, les cascadeurs sont facilement reconnaissables. Rien ne les apparente à des touristes. Cafés, bazars, restaurants, hôtels ou encore supermarchés, sont tous des endroits prisés. Près de 400 véhicules circulent à longueur de journée dans tous les sens. La demande est tellement grande qu’on a eu recours aux voitures des particuliers. Avec les besoins en restauration, en hébergement, en artisans et en main-d’œuvre qualifiée ainsi qu’en figurants, l’économie locale ne sera que davantage boostée. « Avec 170 chambres occupées, nous engrangeons environ 300.000 DH par jour, ce qui nous a permis de rattraper les déficits enregistrés depuis le début de l’année », explique un directeur d’une grande unité hôtelière de la place.

Une grande partie des hôtels classés a tiré profit de cette manne. A Ouarzazate, le doublé cinéma/tourisme reste indiscutablement lié. Si la présence des stars lui a donné une aura internationale, la montée du tourisme a introduit certaines valeurs et comportements qui encouragent les grands producteurs à choisir les plateaux naturels de la ville pour leurs tournages. D’ailleurs, des films comme « Prince of Persia » présentent des occasions concrètes de cohabitation de différentes nationalités : comédiens américains, techniciens italiens, cascadeurs espagnols, cavaliers et figurants marocains,… la mondialisation en sorte.

Productions étrangères : Record en 2008

Lors de ce premier semestre 2008, le Maroc a accueilli plus de 17 productions cinématographiques étrangères totalisant un investissement record de 845 millions de dirhams. En 2007, l’enveloppe investie au Maroc en production étrangère a totalisé 563 millions de DH contre 472 millions de DH en 2006 et 293 millions de DH en 2005.

Source : L’Economiste - Ali Rachdi

  • Le film du jeu "Prince of Persia" tourné au Maroc

    Quiconque a joué aux jeux vidéos vers la fin des années '80 se souvient du légendaire Prince of Persia, le top du jeu d'aventure à l'époque.

  • "En attendant Pasolini" au Festival de Namur

    Le Maroc sera en compétition officielle au Festival international du film francophone de Namur avec le film de Daoud Aoulad Syad, "En attendant Pasolini".

  • Ubisoft Maroc fait du cinéma pour Disney

    Disney a démarré à Ouarzazate la production d'un film à gros budget basé sur le jeu vidéo d'Ubisoft « Prince of Persia et les sables du temps ». C'est l'équipe d'Ubisoft Maroc qui a réalisé la conception et la pré-production du dernier opus de Prince of Persia « Les deux trônes ».

  • Ubisoft lance deux jeux vidéo entièrement produits au Maroc

    L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft présentera, lundi 1er septembre, deux jeux développés à 100% au Maroc. C'est la première fois que l'éditeur a fait confiance à son studio local pour développer intégralement un jeu. Mieux, il s'agit de deux licences phares de l'éditeur, à savoir « Prince of Persia 3 » et « Rayman raving rabbits », qui seront lancés sur le marché durant la période de Noël. Ces jeux ont nécessité respectivement 9 et 18 mois de développement et deux équipes de 40 personnes chacune.

  • Mohamed Majd primé au Festival du film francophone de Namur

    Le Festival international du film de Namur, qui s'est tenu du 26 septembre au 3 octobre, a décerné le prix du meilleur comédien à l'acteur marocain, Mohamed Majd pour son rôle dans "En attendant Pasolini" de Daoud Aoulad Syad.

  • « En attendant Pasolini » au festival du film arabe de Washington

    Le long métrage du réalisateur marocain, Daoud Oulad Syad, "En attendant Passolini" sera projeté lors du 13ème festival du film arabe de Washington, "Arabian Sights" qui se tient jusqu'au 2 novembre prochain.

  • Driss Roukhe, un héros si discret

    Non, il n'est pas “l'arabe de service” des productions hollywoodiennes. Môme meknassi aux rêves de football brisés, homme de théâtre passionné, acteur recherché et réalisateur prometteur, Driss Roukhe a su imposer son jeu et son humilité.

  • Deux millions d'euros pour le tournage de "La terre de lumières" à Ouarzazate

    La série télévisée "La terre de lumières" sera tournée mi février prochain à Ouarzazate, pour un coût global de 2 millions euros.

  • Interview de Morjana Alaoui pour la sortie du film "Martyrs"

    « Très peu de temps avant le début de Martyrs, une autre comédienne était déjà prévue. Mais elle m'a planté. Donc je suis reparti en casting, un peu dans la panique. J'ai rencontré beaucoup de filles différentes pour remplacer la précédente. Je désespérais de la trouver parce que toutes les nanas se ressemblaient. Soit le profil de la jeune comédienne parisienne qui a les mêmes goûts et les mêmes peurs que tout le monde, un peu bridée par son agent. Une amie qui travaille à Canal+ m'a conseillé de voir un film qui s'appelle Marock. Elle m'a dit : "je ne sais pas ce que tu en penseras mais il y a une nana qui joue le rôle principal, elle n'a pas tourné de rôle depuis, je ne comprends pas".

  • RME : "Moi, je vais au bled pendant l'été mais…"

    Les quelque 3 millions de citoyens marocains résidant à l'étranger ont, à tout moment, le pays dans leurs cœurs et n'hésitent pas un instant quant à leur destination de vacances : le bled ! « Nous ne posons même pas la question concernant le lieu de nos vacances d'été, c'est l'appel du pays qui nous guide », affirme Noura, une Marocaine établie à Pantin, en banlieue parisienne.