Ils produisent leur propre électricité au Maroc, mais ne peuvent en vendre que 20 %
Les Marocains qui produisent leur propre électricité ne peuvent vendre au réseau que l’équivalent de 20 % de leur production annuelle. Greenpeace réclame la suppression de ce plafond, jugé défavorable aux ménages et aux petites installations solaires.
Dans une note publiée mardi 15 septembre, Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord demande au Maroc de réformer la loi 82.21 sur l’autoproduction électrique afin de permettre aux particuliers, agriculteurs et entreprises de vendre la totalité de leur surplus.
L’article 12 de cette loi autorise actuellement un autoproducteur à céder au gestionnaire du réseau au maximum 20 % de sa production annuelle. Cette limite ne concerne pas nécessairement la quantité d’électricité injectée, mais celle pour laquelle son producteur peut être rémunéré.
Greenpeace estime que le réseau peut ainsi recevoir une électricité financée par un ménage ou une entreprise sans devoir payer tout le courant injecté. L’ONG réclame donc une rémunération de l’intégralité du surplus effectivement envoyé vers le réseau.
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Le plafond réduit également l’intérêt économique des panneaux solaires pour les foyers dont la consommation reste modérée. Les ménages consommant beaucoup d’électricité peuvent utiliser directement une plus grande part de leur production et rentabiliser plus facilement leur installation. Pour Greenpeace, la règle actuelle risque ainsi de réserver les principaux bénéfices de l’autoproduction aux catégories disposant déjà des moyens financiers les plus importants.
Un tarif encore absent pour les petites installations
L’ONG pointe un autre obstacle : l’absence d’un tarif d’achat clair pour l’électricité injectée dans les réseaux basse tension. Sans connaître à l’avance le prix auquel son surplus sera acheté, un ménage peut difficilement calculer la rentabilité de ses panneaux ou obtenir un financement bancaire.
Greenpeace demande également de relever le seuil de 11 kW au-delà duquel les démarches de raccordement deviennent plus complexes. Ce niveau est jugé trop faible pour les immeubles collectifs, les exploitations agricoles équipées de chambres froides ou certaines petites entreprises.
L’organisation souhaite enfin simplifier les procédures, réduire certaines amendes et confier l’examen des demandes à une entité indépendante des gestionnaires de réseau. Ces derniers sont à la fois chargés des raccordements et susceptibles de perdre une partie de leurs ventes avec le développement de l’autoproduction.
Cette intervention arrive quelques jours après la promesse du RNI de permettre aux ménages marocains de produire leur électricité et de vendre leur surplus. Greenpeace pose désormais les conditions nécessaires à la viabilité d’un tel dispositif : suppression du plafond, tarif transparent et procédures de raccordement simplifiées.
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