Le PSG continue de soutenir Achraf Hakimi, les supporters sont moins unanimes

- 17h00 - Sport - Ecrit par : Sébastien A.

Le PSG continue de soutenir Achraf Hakimi, qui sera jugé pour viol après le rejet de son pourvoi en cassation. Mais chez les supporters, les avis divergent. Certains défendent le joueur marocain, tandis que d’autres réclament son retrait temporaire. Une enquête du Parisien révèle ces tensions.

Alya admire Achraf Hakimi. Elle apprécie sa discrétion, son rôle dans le collectif et ce qu’il représente comme modèle de réussite. Pourtant, cette supportrice du Paris Saint-Germain estime aujourd’hui que le défenseur marocain devrait quitter temporairement les terrains. « Je pense qu’il devrait se retirer en attendant son procès », confie-t-elle. Une position loin de faire l’unanimité autour du club parisien.

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Dans une enquête publiée ce vendredi 9 octobre, Le Parisien a interrogé plusieurs supporters et militantes féministes sur les réactions suscitées par l’affaire. Trois ans et demi après les faits dénoncés par une jeune femme, le joueur doit comparaître devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine. La date du procès reste inconnue.

Au PSG, la ligne ne change pas. Le club rappelle qu’Hakimi conteste fermement les accusations et bénéficie de la présomption d’innocence. Il réaffirme également son engagement contre les violences sexuelles, sans envisager publiquement de mesure à l’encontre de son défenseur.

Chez les supporters, les positions sont moins uniformes. Jonathan, 43 ans, ne condamne pas la banderole de soutien déployée au Parc des Princes en février dernier, après l’annonce du renvoi du Marocain devant la justice. Mais il distingue désormais la tenue d’un procès d’une simple accusation. Pour autant, il estime qu’une mise à l’écart ne devrait pas priver le joueur de son salaire.

Des supporters partagés, des militantes qui hésitent à se mobiliser

D’autres restent convaincus de l’innocence du footballeur. Gaël, 51 ans, met en avant son entourage professionnel et son mode de vie pour expliquer pourquoi il ne croit pas aux accusations.

Alya refuse, elle, de réduire cette affaire à la réputation du joueur. Elle rappelle qu’une femme a dénoncé des faits graves et que sa parole mérite également d’être entendue. À ses yeux, un retrait temporaire permettrait à Hakimi de préparer sa défense tout en évitant d’exposer davantage le PSG.

Mais pourquoi les protestations demeurent-elles si discrètes ? Mylène, 32 ans, engagée dans plusieurs associations féministes, apporte une réponse concrète. Elle n’envisage pas de participer à un rassemblement devant un stade : « J’ai trop peur des violences physiques de supporters », explique-t-elle.

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Cette crainte contraste avec le soutien affiché par une partie du public parisien. En février, des supporters avaient scandé le nom d’Hakimi et déployé une banderole en sa faveur. Plusieurs associations féministes avaient dénoncé cette initiative, sans parvenir à susciter une mobilisation comparable à celles observées dans d’autres secteurs.

Le 23 septembre, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi d’Achraf Hakimi, confirmant son renvoi devant une juridiction criminelle. Le joueur continue de nier les faits, comme il l’avait déjà affirmé publiquement en évoquant son futur procès. Pour les personnes interrogées par Le Parisien, cette nouvelle étape judiciaire n’efface ni les désaccords entre supporters ni les interrogations sur l’attitude du monde du football.