En se rapprochant de Bruxelles, Londres risque de compliquer l’entrée des tomates marocaines
Le Royaume-Uni prépare un accord commercial avec l’Union européenne qui pourrait compliquer les importations agricoles marocaines. Les professionnels britanniques redoutent plus de 300 millions de livres de coûts supplémentaires par an. Les tomates, les fruits rouges et les autres produits frais sont particulièrement exposés aux retards frontaliers.
Le Maroc a exporté 120 121 tonnes de tomates fraîches vers le Royaume-Uni en 2025, pour une valeur de 173,46 millions de dollars. Selon les statistiques de la Banque mondiale, ce marché figure parmi les principaux débouchés de la tomate marocaine. Mais un rapprochement commercial entre Londres et Bruxelles pourrait en compliquer l’accès dès 2027.
Sur Bladi.net : Tomates et mandarines portent les exportations agricoles marocaines à 2,38 millions de tonnes
Dans une alerte publiée le 20 octobre, le Fresh Produce Consortium, organisation représentant les professionnels britanniques des fruits et légumes, chiffre à plus de 300 millions de livres les surcoûts annuels potentiels. Son estimation concerne quatre millions de tonnes de produits frais importés de l’ensemble des pays extérieurs à l’Union européenne.
Le paradoxe est saisissant. Londres veut faciliter les échanges alimentaires avec ses voisins européens, mais l’adoption de leurs règles sanitaires pourrait alourdir les formalités imposées aux fournisseurs marocains et aux autres exportateurs de pays tiers.
Des contrôles supplémentaires aux frontières britanniques
Le gouvernement britannique reconnaît que certains produits actuellement dispensés d’inspections systématiques devront être davantage contrôlés. Il cite notamment certains agrumes. Les obligations précises concernant les tomates marocaines restent à déterminer, les négociations étant toujours en cours.
Le secteur redoute une multiplication des certificats, des inspections et des frais administratifs. Pour les marchandises périssables, les conséquences peuvent être immédiates : chaque retard aux frontières réduit le temps disponible pour vendre les produits et augmente le risque de pertes.
L’enjeu dépasse largement la tomate. Le Royaume-Uni a acheté près de 330 000 tonnes de fruits et légumes marocains en 2025, soit 8 % de plus qu’un an auparavant. Les mandarines, les myrtilles et les poivrons marocains gagnent notamment du terrain sur ce marché.
Face à ces risques, le Fresh Produce Consortium réclame une exemption durable pour les fruits et légumes provenant de pays non européens et destinés exclusivement au marché britannique. Les marchandises réexportées vers l’Union européenne resteraient soumises aux normes de celle-ci.
Le dossier sera au cœur des discussions entre Londres et Bruxelles lors du sommet du 20 novembre. Le Premier ministre britannique Andy Burnham devra notamment arbitrer entre la simplification des échanges européens et les inquiétudes des importateurs internationaux, avant une application envisagée de l’accord à partir de mi-2027.