Une réalisatrice sonne chez sa voisine d’origine marocaine, dix ans plus tard leur histoire passe à la télévision belge
En 2015, une réalisatrice belge frappe à la porte de Lamia, une mère d’origine marocaine qui élève seule trois enfants à Bruxelles. Cette rencontre devient le point de départ d’un tournage de dix ans. Ce mardi 20 octobre, leur histoire arrive sur la télévision belge.
Tout commence dans une rue de Schaerbeek, à Bruxelles. Un soir de 2015, Lidewij Nuitten réalise qu’elle connaît à peine ses voisins. La jeune réalisatrice décide alors de frapper à leurs portes, caméra à l’épaule, pour une émission de la télévision flamande. Chez Lamia Benabbas, une mère de 38 ans d’origine marocaine, elle découvre une famille qui va bouleverser son projet, raconte le média belge BRUZZ.
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Lamia élève seule ses trois enfants, Mehdi, 11 ans, Meissa, 9 ans, et Zaher, 7 ans. Elle cumule deux emplois pour leur assurer un avenir. La famille vit dans un quartier populaire, dans une maison sans jardin, où les enfants grandissent entre l’école, les copains et la rue.
Dès sa première visite, la réalisatrice se sent proche de cette mère et de ses enfants. « Le courant est immédiatement passé », raconte-t-elle à BRUZZ. Elle leur propose de continuer à les filmer. La famille accepte, ouvrant ainsi sa porte pendant dix années supplémentaires, jusque dans les moments les plus difficiles.
Dix ans de joies, d’épreuves et de changements
Les caméras accompagnent les enfants dans leur adolescence, puis leurs premiers pas dans la vie adulte. Elles enregistrent aussi les bouleversements qui frappent la famille. Les attentats de Bruxelles en 2016 secouent le quartier. En 2019, le père des enfants décède. L’année suivante, le confinement met à rude épreuve leur quotidien.
Malgré ses difficultés financières, Lamia décide alors de reprendre une formation en menuiserie, un projet qui lui tient à cœur. Elle continue de veiller sur ses enfants, tout en s’inquiétant de la violence qui gagne certains quartiers de Bruxelles.
Les années passent. Mehdi se passionne pour l’animation auprès des enfants, Meissa travaille comme étudiante dans une maison de retraite et Zaher reçoit un courrier du ministère belge de la Défense concernant une année de service militaire. La mère découvre progressivement des jeunes adultes qui font leurs propres choix.
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Pour Lidewij Nuitten, ces dix années ont également changé sa manière de regarder les autres. Dans son entretien, elle raconte avoir découvert combien les expériences de cette famille d’origine marocaine rejoignaient celles d’autres familles belges. Une proximité qui a transformé leur relation de voisinage en véritable amitié.
De ces centaines d’heures d’images est née une série documentaire en trois épisodes, intitulée « On ira tous au paradis ». Elle sera diffusée à partir de ce mardi 20 octobre à 21 h 25 sur VRT Canvas et proposée sur VRT MAX. Le tournage s’est achevé à l’été 2026, lorsque le plus jeune des trois enfants est devenu majeur.