Elle voulait devenir avocate, pas renoncer à son voile : le choix d’une Marocaine en Belgique
Elle avait étudié le droit et rêvait de devenir avocate. Mais pour Chaymae, d’origine marocaine, pas question de retirer son voile pour exercer ce métier. La jeune femme a finalement choisi une tout autre voie : avec son mari, elle vient d’ouvrir un restaurant marocain en Belgique.
« Mon voile fait partie de mes vêtements et de mon identité. Je ne vous demande pas non plus d’enlever votre T-shirt. » Pour Chaymae, la question ne se pose même pas. Après des études de droit, cette Marocaine qui a grandi aux Pays-Bas espérait faire carrière comme avocate. Sauf que, selon son témoignage, le port du foulard constituait un obstacle à son projet. Plutôt que de changer sa façon de s’habiller, elle a préféré changer de métier. « C’est mon choix : je ne renoncerai pas à mon voile pour un emploi », explique-t-elle au média belge Made in Kempen.
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La jeune femme n’a pourtant pas abandonné ses études du jour au lendemain. Après le droit, elle s’est également formée au management et à la logistique à la haute école Thomas More. Une formation professionnelle suivie auprès du VDAB, l’organisme flamand de l’emploi, l’a finalement conduite vers la restauration. Un univers qui lui plaisait déjà : elle a toujours aimé cuisiner.
Avec Abdelhalim, son mari lui aussi d’origine marocaine, elle avait d’ailleurs tenté une première expérience en ouvrant un petit établissement consacré aux petits-déjeuners à Turnhout, dans la province d’Anvers. Mais le local était trop exigu et des problèmes de santé avaient contraint le couple à fermer rapidement. Pas de quoi les décourager.
Un restaurant baptisé Nador, en souvenir de leurs origines
Les voilà désormais installés dans un nouveau local de la Patersstraat, toujours à Turnhout. L’établissement porte le nom de Nador, la ville marocaine dont sont originaires leurs familles. Cette fois, le couple a vu plus grand, avec un véritable restaurant et un buffet de petit-déjeuner préparé pendant la nuit.
Au menu du matin, pains et pâtisseries marocaines, différentes préparations à base d’œufs et même de la soupe. Le tout servi à volonté pour 13 euros jusqu’au 12 octobre, puis 15 euros. Abdelhalim assure qu’il est difficile de trouver une formule aussi généreuse à ce prix dans les environs.
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À midi et le soir, les clients retrouvent les classiques de la cuisine marocaine, notamment les tajines et les couscous. Mais Chaymae ne s’arrête pas là. Pour répondre aux goûts de sa clientèle irakienne, elle a ajouté des dolmas, des kubbas et du biryani. Les végétariens ont également leur place, tandis que les enfants peuvent se rabattre sur des burgers.
L’ancienne étudiante en droit semble avoir trouvé dans cette nouvelle activité une liberté qu’elle recherchait depuis longtemps. « J’aime aussi beaucoup cuisiner et ici, je peux être complètement moi-même », confie-t-elle.