De retour de La Mecque, un Marocain voyage trois heures à côté d’un mort
De retour de La Mecque, un Vaudois a vécu un vol traumatisant vers la Suisse. Le trentenaire a voyagé pendant trois heures à côté de la dépouille d’un passager décédé en plein ciel, installé sur la rangée voisine.
L’incident s’est produit le 24 mars dernier, à bord d’un Airbus A330 de la compagnie Saudia Airlines. Selim, un éducateur social d’origine marocaine établi près de Lausanne, rentrait d’un pèlerinage à la Mecque. Après quelques heures de trajet depuis la ville saoudienne, l’équipage a fait évacuer les sièges situés à la droite du trentenaire. Les stewards y ont alors déposé une longue housse noire fermée jusqu’à la nuque, suivie par un quadragénaire en larmes placé juste derrière.
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La vérité a éclaté lorsqu’une femme âgée a hurlé des prières en arabe, rapidement imitée par d’autres occupants. Le sac mortuaire renfermait le corps d’un Lyonnais gravement malade, qui venait d’achever l’objectif de sa vie en compagnie de son neveu. D’après le témoignage livré par le jeune Suisse au média Blick, cet événement a instauré un profond respect en cabine, mais aussi un certain malaise. « J’étais gêné d’être là. Je n’osais pas continuer mon film », avoue-t-il, incapable de se changer les idées à quelques centimètres du cadavre.
Aussi perturbante soit-elle, cette procédure répond à des directives strictes de l’Association du transport aérien international. Si un patient ne survit pas après trente minutes de réanimation, sa dépouille doit être sécurisée sur un siège sans entraver les couloirs, les pilotes choisissant rarement de dérouter l’appareil pour de simples raisons de coûts. Ces tragédies restent minoritaires à l’échelle mondiale : une étude médicale américaine estime à 750 le nombre de décès annuels dans les airs, soit environ deux par jour pour cinq milliards de voyageurs.
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L’épreuve s’est prolongée une fois l’avion posé sur le tarmac genevois. Avant de laisser descendre la foule, un médecin urgentiste et la police ont investi la cabine. Face à la difficulté d’extraire la victime au milieu des autres voyageurs, les passagers ont été escortés dans une halle sans chaises. Approvisionnés en bouteilles d’eau, ils ont dû patienter une quarantaine de minutes pour s’assurer que la mort était bien naturelle, avant d’être enfin autorisés à franchir les contrôles de l’immigration.