Il roulait du mauvais côté et a tué Amir : le tribunal ne prononce aucune peine de prison

- 16h00 - Monde - Ecrit par : Farid Laamoudi

Huit mois de prison étaient réclamés contre le motard qui avait mortellement percuté Amir lors d’un rassemblement sauvage aux Pays-Bas. Le tribunal de Lelystad a finalement prononcé une peine de travail d’intérêt général. Les parents du jeune homme, enterré au Maroc, obtiennent également 37 500 euros d’indemnisation.

240 heures de travail d’intérêt général, et pas de prison. Le tribunal de Midden-Nederland a rendu mercredi 7 octobre son verdict dans l’affaire de la mort d’Amir, ce jeune homme de 18 ans percuté par un motard lors d’un rassemblement illégal à Lelystad. Le conducteur, un homme de 32 ans originaire de Schiedam, échappe ainsi aux huit mois de détention réclamés par le parquet. Même son interdiction de conduire, fixée à un an, est assortie du sursis.

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Une décision qui repose sur une distinction importante. Pour les juges, le motard a bien provoqué la mort d’Amir par sa conduite dangereuse, mais il n’a pas fait preuve de la « témérité » retenue par l’accusation. Il circulait du mauvais côté de la chaussée lorsqu’il a percuté le jeune homme, sans toutefois dépasser la vitesse autorisée. Le tribunal relève aussi qu’il avait interrompu ses démonstrations plus tôt dans la journée, jugeant la foule trop nombreuse.

Pas de quoi effacer sa responsabilité. Le 2 juin 2024, plusieurs centaines de personnes avaient envahi la Karperweg pour assister à des figures acrobatiques à moto. Des collisions s’étaient déjà produites lorsque le conducteur avait repris ses dérapages, occupant presque toute la largeur de la route. Amir, qui arrivait en sens inverse sur une moto de cross, n’avait pas pu éviter le choc. Il était décédé deux jours plus tard à l’hôpital.

37 500 euros pour les parents d’Amir

À l’audience, le père du jeune homme avait raconté que son fils envisageait de se marier. Depuis sa disparition, sa chambre était restée telle qu’il l’avait laissée. Sa mère avait, elle aussi, décrit les conséquences de ce décès sur toute la famille. Deux ans après le drame, les parents demandaient réparation, notamment pour les frais engagés lors des obsèques au Maroc.

Dans son jugement, le tribunal accorde 20 000 euros au père et 17 500 euros à la mère pour leur préjudice d’affection. Les autres dépenses, dont le voyage au Maroc et les funérailles, n’ont pas été indemnisées dans cette procédure, faute de justificatifs suffisants.

Les magistrats ont également écarté une tentative de la défense d’attribuer une part de responsabilité à Amir. Le jeune homme roulait bien sur sa droite. Quant aux règles improvisées par les organisateurs du rassemblement, elles ne pouvaient remplacer le Code de la route.

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Le conducteur a assuré avoir définitivement abandonné les démonstrations à moto et vendu ses engins. Ses blessures au bras, ses séquelles psychologiques et l’absence de condamnations similaires ont également pesé dans la décision. Il restera sous le coup d’une interdiction de conduire avec sursis pendant deux ans.

Le second prévenu, un homme de 36 ans soupçonné d’avoir donné le départ de la manœuvre fatale, a pour sa part été relaxé. Le tribunal n’a pas pu établir qu’il avait effectivement donné le signal.