Trois accidents ne suffisent pas à arrêter la course, Amir y perd la vie à 18 ans

- 17h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

Trois motos avaient déjà eu un accident lors d’une course clandestine organisée à Lelystad. Les départs ont pourtant repris. Peu après, Amir, 18 ans, était percuté de face par un pilote qui se présentait comme « l’un des meilleurs drifteurs ».

Les faits remontent à juin 2024 sur la Karperweg, à Lelystad, aux Pays-Bas. Une course illégale de motos y avait attiré de nombreux spectateurs, dont des familles installées au bord de la route. Aucun dispositif officiel ne sécurisait les lieux.

Trois motos s’étaient déjà percutées plus tôt dans la journée. Les courses avaient été interrompues, avant de reprendre. Un motard de 32 ans originaire de Schiedam savait que l’événement ne disposait d’aucune autorisation. Il avait d’abord renoncé à participer, jugeant la foule trop importante, puis avait changé d’avis.

Les vidéos diffusées devant le tribunal le montrent prendre le départ, effectuer une manœuvre autour d’un homme placé sur la chaussée, puis dévier vers la voie opposée. Il percute alors de face la moto conduite par Amir, un jeune homme de Maarssen. Gravement blessé à la tête, le garçon meurt deux jours plus tard.

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Le parquet réclame désormais huit mois de prison ferme contre le pilote, ainsi qu’une interdiction de conduire pendant deux ans, dont un avec sursis, rapporte NOS. Six mois de prison ont également été requis contre un Rotterdamois de 36 ans, présenté par l’accusation comme l’organisateur de la course.

Il se disait « l’un des meilleurs drifteurs »

Devant les enquêteurs, le premier prévenu s’est décrit comme « l’un des meilleurs drifteurs ». Depuis l’accident, affirme-t-il, il a cessé cette pratique. Il assure également ne pas avoir entendu les personnes qui, selon plusieurs témoins, auraient demandé aux spectateurs de ne pas appeler la police après la collision.

Le rôle du second prévenu reste contesté. L’accusation estime qu’il a donné le signal du départ. Son avocat soutient qu’il assurait seulement la circulation et qu’un autre homme avait lancé la course. Pour le parquet, les images et les investigations désignent bien le prévenu comme celui qui a autorisé les motos à partir.

À l’audience, le père d’Amir a raconté que son fils était amoureux et envisageait de se marier. La chambre du jeune homme est restée intacte. Sa mère a également décrit les conséquences de sa mort sur ses frères et sur toute la famille.

Le père réclame 28 400 euros d’indemnisation. La demande de la mère atteint 22 178 euros. Ces sommes couvrent notamment leur préjudice d’affection ainsi qu’une partie des frais engagés pour les funérailles d’Amir au Maroc.

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Le pilote a lui-même conservé des séquelles physiques et psychologiques de la collision, mais le parquet lui reproche d’avoir volontairement participé à une course interdite et adopté une conduite dangereuse devant une foule nombreuse. Le tribunal rendra son jugement le 7 octobre.