Royal Air Maroc recrute des pilotes à l’étranger : un Marocain déjà formé demande « Et nous ? »
Après la publication de la campagne internationale de Royal Air Maroc, un pilote marocain déjà titulaire de plusieurs qualifications a contacté Bladi.net. Il reproche à la compagnie nationale de ne proposer aucune véritable voie d’accès aux Marocains ayant déjà financé leur formation.
Le pilote indique avoir été formé au Maroc et être titulaire d’une licence de pilote professionnel (CPL), d’une qualification de vol aux instruments sur avion multimoteur (IR-ME) et de l’ATPL théorique marocain. Malgré ce parcours, il affirme rester sans perspective réelle d’intégrer les cockpits de Royal Air Maroc.
« Nous avons investi des années et des sommes considérables dans notre formation pour exercer ce métier », explique-t-il. Il assure ne réclamer ni poste garanti ni traitement de faveur, mais simplement la possibilité de passer une sélection auprès de la compagnie nationale.
Selon lui, la campagne internationale lancée par RAM donne le sentiment que les pilotes étrangers sont privilégiés alors que des Marocains possédant déjà leurs licences attendent une première opportunité professionnelle.
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Les candidats recherchés à l’étranger présentent toutefois un profil différent. L’offre publiée par Flight Crew International exige une qualification de type valide ainsi qu’au moins 300 heures sur Boeing 737, Boeing 787 ou Embraer E170/E190 pour les copilotes. Les commandants doivent justifier de 1 000 heures sur l’appareil concerné. Tous doivent en outre avoir volé sur ce type d’avion au cours des douze derniers mois.
RAM cherche donc à l’international des pilotes immédiatement opérationnels, tandis que l’auteur du témoignage dispose d’une formation générale mais pas, d’après les éléments communiqués, de l’expérience exigée sur les appareils de la compagnie. Cette différence ne fait cependant pas disparaître sa question : comment un pilote marocain peut-il acquérir cette qualification et ses premières centaines d’heures si aucune filière intermédiaire ne lui est ouverte ?
Les 96 places ne répondent pas à leur situation
Le pilote écarte également l’argument des 96 places annoncées en juin par Atlas Multiservices. Ce concours, réservé aux Marocains de 27 ans au plus issus de formations scientifiques, techniques ou technologiques, doit conduire les candidats retenus à suivre une formation de pilote de ligne à l’École royale de l’air de Marrakech à partir de septembre 2026.
Ces places concernent donc des candidats qui doivent encore être formés. Elles ne constituent pas une voie de recrutement destinée aux Marocains ayant déjà obtenu, à leurs frais, une licence professionnelle et l’ATPL théorique.
« Pourquoi Royal Air Maroc est-elle capable d’aller chercher des pilotes étrangers à l’international, mais ne propose-t-elle pas une véritable voie de recrutement aux pilotes marocains déjà formés ? », demande-t-il.
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Royal Air Maroc prévoit pourtant de recruter massivement des pilotes pour accompagner l’expansion de sa flotte. Le recours temporaire à des professionnels étrangers expérimentés peut répondre à un besoin immédiat, mais le témoignage met en lumière un autre enjeu : la création d’une passerelle permettant aux pilotes marocains déjà formés d’obtenir une qualification de type et une première expérience en ligne.
« Nous demandons simplement de la transparence et une politique de recrutement qui donne une véritable place aux compétences marocaines déjà disponibles », conclut le pilote. La question est désormais posée à Royal Air Maroc.