De la rue à Casablanca aux drones de guerre en Ukraine
Né près d’Agadir et passé par la précarité à Casablanca, un jeune Marocain surnommé « Papillon » a rejoint l’armée ukrainienne avant de devenir pilote de drones. Après 39 missions, il vient de quitter le front.
Rien ne destinait « Papillon » à devenir combattant en Ukraine. Né dans une famille modeste près d’Agadir, il s’installe ensuite à Casablanca, où il traverse une période de grande précarité aux côtés d’autres jeunes vivant dans la rue.
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Il quitte le Maroc à l’adolescence, rejoint l’Espagne à 14 ans, puis la France quelques années plus tard. Considéré comme mineur isolé, il apprend l’espagnol et développe un accent du sud de la France qui l’accompagne encore aujourd’hui.
En 2023, sans expérience militaire, le jeune Marocain décide de rejoindre la légion internationale pour la défense de l’Ukraine. Il explique avoir pris cette décision après avoir découvert les massacres de civils commis au début de la guerre.
Selon Jeune Afrique, il commence comme fantassin et participe notamment aux combats autour de Tchassiv Yar, avant d’être orienté vers le pilotage de drones.
Quelques heures de vol changent son destin
Avant son arrivée en Ukraine, « Papillon » avait appris à manier un drone pendant les pauses de midi avec un collègue en France. Cette expérience limitée attire l’attention de ses instructeurs, qui lui font passer des tests puis une certification pour piloter des appareils FPV.
Il rejoint ensuite la 12e brigade spéciale Azov, l’une des unités les plus connues et les plus controversées de l’armée ukrainienne. Celle-ci est issue d’un mouvement créé en 2014 et reste régulièrement accusée de liens idéologiques avec l’extrême droite, malgré son intégration à la Garde nationale ukrainienne.
Le Marocain devient l’un des premiers volontaires étrangers formés au pilotage de plusieurs catégories de drones. Il participe au total à 39 missions et se spécialise progressivement dans l’utilisation d’appareils capables d’effectuer des opérations de reconnaissance ou de transporter de lourdes charges.
Cette expérience lui laisse toutefois d’importantes séquelles. Il raconte être devenu extrêmement sensible aux bruits rappelant les drones et les explosions. Une douleur chronique au dos s’ajoute aux traumatismes psychologiques provoqués par les longues périodes passées près des tranchées.
Un savoir-faire désormais très recherché
Après trois années de guerre, « Papillon » a décidé de quitter l’armée avec l’accord de sa hiérarchie. Il souhaite désormais se reconvertir dans la formation et l’instruction au pilotage des drones.
Ses compétences militaires et sa maîtrise de plusieurs langues lui auraient déjà valu des propositions en Europe, en Afrique et en Amérique latine. Le jeune homme affirme toutefois examiner attentivement chaque offre afin d’éviter de transmettre son expérience à une milice ou à une organisation armée.
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Il n’exclut pas de retourner ponctuellement en Ukraine pour suivre les évolutions technologiques du secteur. Son parcours l’aura conduit de la rue à Casablanca aux champs de bataille ukrainiens, puis vers un marché où son expérience acquise au front est désormais particulièrement recherchée.