Sebta, Melilla, Persil : « Reconnaître la souveraineté espagnole » ou suspendre le traité d’amitié
Une commission du Congrès espagnol votera mardi sur la souveraineté de Sebta, Melilla et des îlots contrôlés par l’Espagne au large du Maroc. Vox réclame également la suspension du traité d’amitié si Rabat refuse de reconnaître leur « espagnolité ».
Le vote aura lieu mardi 22 septembre devant la commission des Affaires étrangères du Congrès des députés. La proposition non contraignante déposée par Vox demande aux partis espagnols de réaffirmer la « pleine et incontestable » souveraineté de l’Espagne sur l’ensemble de ses territoires situés en Afrique du Nord.
Le texte cite Sebta et Melilla, mais également les îles Chafarinas, le rocher de Vélez de la Gomera, l’îlot Persil (Leila) ainsi que les îles et le rocher d’Al Hoceïma. Il demande au Congrès de rejeter les « prétentions » marocaines sur ces territoires.
Vox entend ainsi obliger le Parti socialiste et ses alliés de gauche et indépendantistes à se prononcer publiquement, quelques jours après la polémique provoquée par une tribune proposant de rendre Sebta et Melilla au Maroc.
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Selon Europa Press, la formation souhaite également faire condamner les déclarations de responsables marocains contestant la souveraineté espagnole sur les deux villes.
Reconnaître la souveraineté espagnole ou suspendre le traité
La proposition va plus loin qu’une simple déclaration politique. Elle demande au gouvernement de Pedro Sánchez d’exiger de Rabat une reconnaissance « publique, expresse et sans équivoque » de la souveraineté espagnole sur Sebta et Melilla.
Si le Maroc refuse, Vox souhaite que Madrid engage immédiatement la suspension du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération conclu entre les deux pays. Le parti estime que les revendications marocaines sont incompatibles avec les principes de cet accord.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères serait également invité à convoquer l’ambassadeur du Maroc pour l’informer de la volonté de l’Espagne de défendre son territoire « avec tous les instruments et moyens à la disposition de l’État ».
En cas de maintien des revendications marocaines et de poursuite de ce que Vox qualifie d’« invasion » de Sebta, le texte demande l’expulsion de l’ambassadeur marocain et le rappel du représentant espagnol à Rabat.
La proposition réclame en parallèle que le Maroc accepte sans exception le retour de ses ressortissants expulsés d’Espagne. Elle veut aussi conditionner toute coopération économique, migratoire, policière, militaire ou diplomatique au respect de la souveraineté espagnole.
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Vox avait déjà présenté une partie de ces demandes au Congrès quelques jours plus tôt. La motion avait été rejetée, ce qui laisse prévoir une issue similaire mardi. Même en cas d’adoption par la commission, le texte n’obligerait juridiquement pas le gouvernement espagnol à suspendre ses relations avec Rabat.
Le vote intervient toutefois dans un contexte de fortes tensions. Madrid a récemment estimé que les revendications marocaines sur Sebta et Melilla dégradaient les relations bilatérales, tandis que l’Espagne renforce sa présence autour des îlots situés au large du Maroc.
La proposition de Vox permettra surtout de connaître la position officielle de chaque groupe parlementaire sur l’ensemble de ces territoires, y compris l’îlot Leila, dont le contrôle avait déjà provoqué une grave crise entre Rabat et Madrid en 2002.