L’Espagne redoute une action marocaine « imminente » sur ses îlots
L’Espagne renforce son dispositif militaire sur les îlots qu’elle contrôle au large du Maroc. Des responsables espagnols redouteraient une action marocaine imminente dans un contexte de fortes tensions entre Rabat et Madrid.
Le ministère espagnol de la Défense a renforcé la protection des îles Chafarinas et des rochers d’Al Hoceïma et de Badis, affirme The Objective. Ces territoires minuscules, situés à quelques mètres ou kilomètres du littoral marocain, sont occupés en permanence par l’armée espagnole et revendiqués par le Maroc.
La décision serait liée à la crainte, au sein des services espagnols, d’une possible action marocaine à court terme. Aucun élément public ne permet toutefois d’affirmer que Rabat prépare effectivement une opération. Madrid n’a pas non plus communiqué officiellement sur la nature exacte du renforcement engagé.
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Cette inquiétude survient après la crise des 30 et 31 juillet à Sebta et la multiplication des déclarations marocaines sur les territoires contrôlés par l’Espagne en Afrique du Nord. La justice espagnole enquête parallèlement sur un possible scénario de « guerre hybride », sans avoir établi à ce stade l’existence d’un ordre donné par le gouvernement marocain.
Un peu plus de cent militaires déployés
Les îles Chafarinas sont gardées par une quarantaine de légionnaires espagnols. Un effectif comparable se trouve sur le rocher d’Al Hoceïma, tandis qu’environ 25 soldats sont stationnés à Badis. Au total, un peu plus d’une centaine de militaires protègent ces positions sous l’autorité de la commanderie générale de Melilla.
Leur approvisionnement dépend de navires de la Marine espagnole et d’un détachement d’hélicoptères. Margarita Robles avait déjà supervisé ces garnisons par visioconférence au début du mois de septembre, selon la Cadena SER. Le choix de la date, correspondant à la journée officielle de Ceuta, avait été interprété comme un message adressé à Rabat.
Le cas de Badis est particulièrement sensible. Le rocher est relié au territoire marocain par une bande de sable large de seulement quelques dizaines de mètres, formant l’une des frontières terrestres les plus courtes du monde. La proximité immédiate avec le Maroc rend sa défense beaucoup plus délicate que celle des autres îlots.
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Le précédent de l’îlot Persil reste également présent dans les esprits espagnols. En juillet 2002, des soldats marocains s’y étaient installés avant d’être délogés par une opération militaire espagnole. Près d’un quart de siècle plus tard, Madrid redoute qu’une nouvelle crise territoriale ne s’ajoute aux tensions déjà ouvertes autour de Sebta et Melilla.