Îlot Leila : quand un conflit armé a failli éclater entre le Maroc et l’Espagne

- 16h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

L’Espagne et le Maroc ont vécu une crise majeure en 2002 avec l’invasion de l’îlot Persil (Leila) par des soldats marocains et la riposte ferme de l’armée espagnole. Retour sur ces neuf jours de tensions entre les deux pays voisins qui entretiennent des relations historiques d’amitié et de coopération.

En 2002, l’Espagne et le Maroc ont connu une grave crise au sujet de l’îlot Persil, ce petit territoire inhabité d’à peine 0,15 km² situé à 250 mètres des côtes marocaines. Le 11 juillet 2002, douze soldats de la Gendarmerie royale marocaine débarquent sur l’îlot, hissent deux drapeaux marocains et installent des tentes. Alertée, la Guardia Civil espagnole dépêche des agents sur l’îlot pour exiger le retrait des soldats marocains, mais ces derniers refusent et les menacent avec des armes, rappelle La Razon.

La réaction des autorités espagnoles ne s’est pas fait attendre. L’Office de l’information diplomatique (OID) demande au Maroc de libérer les lieux, mais Rabat oppose un refus catégorique, affirmant que l’îlot fait partie intégrante de son territoire. Pourtant, précise le média espagnol, Francisco Franco et Hassan II auraient convenu en 1963 que l’îlot Persil resterait un no man’s land, sans présence militaire ou civile de part et d’autre. Le Maroc a remis en cause cet accord.

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Après un ultimatum qui prenait fin le 17 juillet 2002, l’Espagne a lancé à cette date l’opération Romeo-Sierra au cours de laquelle les troupes espagnoles ont réussi à reprendre l’île et à capturer des soldats marocains qui ont été ensuite renvoyés dans leur pays. L’Espagne hisse le drapeau espagnol sur l’îlot. La crise prend fin le 20 juillet, avec la signature d’un accord entre les deux parties, sous l’égide des États-Unis.

Le Maroc n’a jamais fourni d’explication officielle claire sur son invasion de l’îlot Leila, soutenant que son action s’inscrit dans une stratégie de lutte contre le trafic de drogue et l’immigration irrégulière dans la région. Pour certains observateurs, cette initiative marocaine visait plutôt à évaluer la réactivité de l’Espagne face à une attaque touchant son intégrité territoriale. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’une forme de pression du Maroc en vue de la conclusion des accords de pêche et de commerce avec l’UE.

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