La société disparaît du registre du commerce, quelques jours plus tard Abdelhafid meurt sur un chantier
Abdelhafid, ouvrier marocain de 47 ans sans papiers, est mort sur un chantier en France. L’entreprise du responsable présent à ses côtés avait déjà été radiée du registre du commerce. La justice vient de le condamner.
En juin 2023, Abdelhafid travaille sur le toit d’un entrepôt des Marches de l’Oise, à Montataire, dans le nord de la France. L’ouvrier marocain réalise des travaux d’étanchéité lorsqu’il passe à travers une fenêtre transparente de la toiture. Sa chute lui est fatale. Il décède moins d’une heure après l’accident. L’homme, arrivé du Maroc dans l’espoir d’une vie meilleure, travaille sans titre de séjour ni contrat.
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Le 2 novembre 2026, Abdelaali R., 61 ans, comparaît devant le tribunal correctionnel de Senlis pour homicide involontaire dans le cadre du travail. « Il a trébuché », explique le chef d’entreprise, qui se trouvait lui aussi sur le toit. Il reconnaît que les conditions étaient dangereuses, notamment lorsque les matériaux d’isolation se soulevaient sous leurs pieds, rapporte Le Parisien.
Son entreprise avait fermé avant l’accident
Les documents du registre du commerce révèlent une chronologie particulière. La société Maitreya Global Services, dirigée par Abdelaali R. et domiciliée à Stains, en Seine-Saint-Denis, avait engagé sa dissolution anticipée le 30 mars 2023. Sa liquidation amiable avait été clôturée le 30 avril, puis sa radiation enregistrée le 13 juin et publiée au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales le 16 juin. L’accident d’Abdelhafid survient quelques jours après cette dernière publication.
À l’audience, le prévenu affirme avoir cru qu’Abdelhafid travaillait comme auto-entrepreneur. Il assure également avoir ignoré sa situation administrative. Le frère de la victime, représenté par Me Diogo Bogado, conteste cette explication : Abdelhafid n’avait même pas les moyens de posséder ses propres outils. Pour la représentante du parquet, Abdelaali R. était responsable de l’organisation du chantier et des mesures de sécurité qui auraient dû protéger l’ouvrier.
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L’avocat du prévenu, Me Louis Balling, explique que son client avait accepté ce chantier à la demande d’une personne qui lui donnait du travail depuis vingt ans. Le tribunal reconnaît Abdelaali R. coupable d’homicide involontaire dans le cadre du travail et le condamne à sept mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende. Il lui interdit également de gérer une entreprise pendant deux ans.