Su-57 contre F-35 : l’Algérie aurait pris une longueur d’avance sur le Maroc

- 15h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

L’Algérie pourrait avoir pris un avantage technologique sur le Maroc dans la course aux avions de combat. L’arrivée signalée des premiers Su-57 russes contraste avec les discussions toujours sans avancée concrète de Rabat pour acquérir le F-35 américain.

C’est le constat dressé par l’International Institute for Strategic Studies (IISS) dans une analyse consacrée à la rivalité militaire entre les deux voisins. L’institut estime que l’Algérie « pourrait avoir acquis un avantage technologique ces derniers mois », après les signalements faisant état de la présence des premiers chasseurs furtifs Sukhoi Su-57 Felon dans le pays.

Si leur entrée en service est confirmée, l’Algérie deviendrait le premier pays africain à exploiter un avion de combat de cinquième génération, relève l’IISS.

Alger avait précisément choisi le Su-57 dans le cadre de la modernisation accélérée de son aviation militaire. Le pays s’appuie toujours largement sur des équipements russes, même si la Chine occupe désormais une place croissante parmi ses fournisseurs.

Sur Bladi.net : Face au Maroc, l’Algérie s’équipe du Su-57, le bijou furtif de Sukhoï

Face à cette évolution, le Maroc s’était tourné vers les États-Unis. Selon l’IISS, les informations sur le projet algérien d’acquisition du Su-57 avaient poussé Rabat à ouvrir dès 2021 des discussions avec Washington autour d’un éventuel achat de F-35.

Cinq ans plus tard, le constat de l’institut britannique est beaucoup moins avancé que ne le laissent entendre certaines informations publiées ces derniers mois : il y aurait eu « peu de progrès concrets » dans les négociations.

Le Maroc cherche une solution en attendant le F-35

Le F-35 constituerait un saut technologique majeur pour les Forces royales de l’air, mais son acquisition reste donc hypothétique à ce stade selon l’IISS. Rabat continue parallèlement à moderniser ses capacités avec des équipements américains et occidentaux.

Le Maroc avait également conclu en 2024 un accord pour récupérer 30 Mirage 2000-9 d’occasion auprès des Émirats arabes unis. Cette opération devait servir de solution intermédiaire en attendant de nouvelles capacités, mais Abu Dhabi en a retardé le transfert après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, précise l’institut.

Cette appréciation de l’IISS contraste avec d’autres analyses récentes qui accordaient encore au Maroc un avantage stratégique grâce à ses F-16 modernisés face aux Su-57 algériens.

Sur Bladi.net : Le Maroc prépare le coup Rafale face à l’Algérie

L’avance algérienne n’est toutefois pas garantie sur le long terme. L’achat du Su-57 expose Alger à une éventuelle réaction américaine au titre de la loi CAATSA, qui permet à Washington de sanctionner les pays réalisant d’importantes transactions avec le secteur russe de la défense.

Surtout, l’Algérie commence à subir une contrainte budgétaire. Ses dépenses militaires doivent reculer en 2026 à 24,5 milliards de dollars, soit une baisse d’environ 10 % en termes réels après inflation. Le Maroc prévoit pour sa part un budget record d’environ 7,87 milliards de dollars.

L’Algérie conserve donc une avance budgétaire considérable, mais l’IISS estime que la situation économique pourrait progressivement jouer en faveur du Maroc. Rabat pourrait continuer à augmenter régulièrement ses dépenses militaires alors qu’Alger aurait davantage de difficultés à maintenir son effort actuel.

Dans les airs, l’avantage immédiat pourrait donc être algérien avec le Su-57. Mais la compétition est loin d’être terminée : la réponse marocaine dépendra notamment de l’issue des discussions avec Washington sur le F-35 et des autres choix que Rabat fera pour renouveler sa flotte de combat.