Tomates marocaines : les producteurs français perdent une manche
Malgré un an de tractations, les producteurs français n’ont obtenu aucune restriction sur les volumes de tomates marocaines. La récente signature d’une déclaration commune écarte toute contrainte sur la saisonnalité des expéditions, actant un véritable statu quo.
La promesse d’un rééquilibrage commercial s’est envolée. Alors que les agriculteurs tricolores exigeaient une baisse des arrivages durant l’été pour protéger leurs récoltes, l’accord paraphé le 22 avril au Salon de l’agriculture de Meknès ne prévoit aucune limitation. L’association Légumes de France a même dû corriger sa propre communication, admettant s’être trop avancée en annonçant initialement un compromis sur les calendriers de production réciproques. Le texte final conclu avec l’Association des producteurs et expéditeurs de fruits et légumes marocains (Apefel) reste totalement dépourvu d’éléments engageants.
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Loin des revendications de quotas, cette entente se cantonne à des échanges institutionnels. Le document, dont les détails restent confidentiels, prévoit d’instaurer un dialogue pérenne entre les deux filières, axé notamment sur l’adaptation au dérèglement climatique. Cherchant à tempérer cette issue minimaliste, Sylvestre Bertucelli, directeur général de l’organisation française, a déclaré à L’AFP qu’il s’agit d’une « volonté commune de se coordonner sur les plans techniques, agronomiques et sanitaires, afin que les producteurs français et marocains trouvent leur place sans se marcher sur les pieds ».
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Cette absence de fermeté maintient la pression sur un marché extrêmement tendu. Disponible toute l’année à des tarifs agressifs grâce à une main-d’œuvre moins onéreuse, la tomate marocaine incarne la perte de souveraineté agricole pour de nombreux exploitants. Début avril, la coopérative Savéol fustigeait d’ailleurs une « distorsion de concurrence » et réclamait la révision de l’accord de libre-échange. Face à cette grogne, le syndicat tricolore, qui rassemble 80 % de la profession, renvoie désormais la balle aux décideurs en plaidant pour la création d’un « cadre politique favorable » à de futures négociations globales.