La tomate marocaine cale, les producteurs français en profitent
Frappé par de fortes intempéries et des maladies, le Maroc voit sa production de tomates chuter cette année. Une baisse de régime temporaire qui pousse les agriculteurs français à encourager la consommation locale pour reconquérir les rayons.
Troisième exportateur mondial derrière le Mexique et les Pays-Bas, le Maroc traverse une saison compliquée. Des vents destructeurs en février et une humidité hivernale excessive ont favorisé l’apparition de ravageurs et de maladies fongiques dans les serres. Face aux prix inédits sur le marché intérieur, le gouvernement a même dû suspendre mi-avril ses expéditions vers l’Afrique, comme le précise Sud Ouest. Zakaria Hanich, président de la fédération interprofessionnelle marocaine, résume ainsi la situation des expéditions européennes : « Cette année, la qualité n’est pas au rendez-vous, voilà tout ».
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Ce ralentissement freine l’ascension fulgurante de ce mastodonte agricole. Lors de la campagne 2024-2025, le pays royaume a battu un record historique en exportant 745 000 tonnes de tomates, dégageant ainsi près de 1,2 milliard de dollars de recettes. Ces difficultés climatiques se répercutent directement sur l’Union européenne, dont le Maroc reste le premier fournisseur extérieur. L’enjeu est de taille pour la France, qui absorbe habituellement plus de la moitié de ces volumes à elle seule.
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Malgré cette conjoncture, les maraîchers tricolores gardent la tête froide. Lauriane Le Leslé, directrice de l’AOP Tomates et concombres de France, prévient qu’il s’agit d’une situation « conjoncturelle et ponctuelle » et que ses membres n’ont pas pu anticiper la demande. Pour s’imposer durablement, la profession mise sur sa « barquette souveraine ». Vendu 1,29 euro les 250 grammes avec le drapeau tricolore, ce format tente de s’imposer face aux offres d’entrée de gamme étrangères facturées autour de 99 centimes.