La tomate marocaine fait exploser la colère des agriculteurs français

- 11h00 - France - Ecrit par : Bladi.net

La tomate marocaine rencontre un franc succès sur le marché français, mais cette réussite commerciale provoque l’ire des producteurs locaux qui multiplient les actions de protestation. Face à ces blocages persistants et à la remise en cause des accords douaniers actuels, la filière marocaine est invitée à repenser son modèle pour privilégier la qualité et la diversification des débouchés.

La tension est montée d’un cran mercredi dernier à Perpignan. La Confédération paysanne a mené une opération coup de poing visant une plateforme logistique franco-marocaine et un supermarché pour dénoncer les prix bas des tomates importées, en particulier les variétés cerises, qualifiées de concurrence déloyale, relate L’Economiste.

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Ces incidents surviennent alors que le comité mixte franco-marocain, relancé cette année pour apaiser les relations, n’a pour l’instant abouti à aucun accord concret. Les producteurs français critiquent le mécanisme actuel des prix d’entrée de l’Union européenne, qu’ils jugent inadapté aux variétés à forte valeur ajoutée, tandis qu’un rapport officiel français recommande un bilan des flux en 2026.

Vers une stratégie de valorisation et de nouveaux marchés

Le cadre régissant ces échanges, basé sur l’accord de libre-échange de 2012, permet l’exportation de 285 000 tonnes de tomates marocaines sans droits de douane durant l’hiver. Toute renégociation de ce traité s’avérant complexe, l’expert agricole Saâd Raissi, interrogé par le journal, préconise un changement de cap stratégique pour le Royaume. Constatant que la voix des agriculteurs français porte davantage auprès de leurs autorités, il estime nécessaire de réviser les objectifs pour « exporter moins et mieux ».

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L’idée est de miser sur des produits de très haute qualité pour contourner les mécanismes de sauvegarde tout en offrant des avantages concurrentiels. Pour réduire la dépendance au marché européen, Saâd Raissi recommande également de développer le marché national, d’investir dans l’agroalimentaire pour les produits transformés et de cibler les pays du Sud. Il insiste enfin sur l’importance pour les exportateurs marocains de posséder leurs propres plateformes logistiques afin de se prémunir contre les actions non conventionnelles de leurs concurrents.