À Bruxelles, l’accord agricole du Maroc a tremblé… à une voix
Le nouvel accord agricole entre le Maroc et l’Union européenne, entré en vigueur début octobre 2025, a failli être bloqué au Parlement européen. Une motion d’objection, soumise au vote le 26 novembre, a été rejetée à une seule voix près (359 voix pour), validant in extremis le texte qui encadre notamment l’étiquetage des produits issus du Sahara.
Au cœur de la controverse se trouve la question de l’origine géographique. L’accord prévoit désormais que les fruits et légumes en provenance des provinces du Sud soient étiquetés comme issus des régions de « Laâyoune-Sakia El Hamra » ou de « Dakhla-Oued Ed-Dahab », tout en bénéficiant des mêmes conditions d’accès préférentiel que le reste de la production marocaine, rappelle Challenge. Cette disposition a cristallisé les tensions, alimentées par des actions récentes comme celle de la Confédération paysanne à Perpignan contre le groupe Azura.
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Face à ces attaques, l’Association Marocaine des Producteurs et Producteurs-Exportateurs de Fruits et Légumes (APEFEL) a réagi fermement. Dans un communiqué, elle a dénoncé une « campagne de désinformation » visant à remettre en cause la conformité sanitaire des tomates marocaines sans fondement scientifique, appelant à un débat basé sur la transparence.
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Derrière la polémique, les chiffres révèlent une réalité économique bien ancrée. La France, bien que troisième importateur mondial, joue un rôle de hub logistique majeur. Selon un rapport officiel, une grande partie des tomates importées du Maroc (dont la France est le premier client avec 530 000 tonnes en 2023) ne finit pas dans les assiettes françaises mais transite par la plateforme de Perpignan-Saint Charles pour être réexpédiée vers l’Allemagne ou les Pays-Bas.
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Pour diversifier ses débouchés et réduire sa dépendance au marché européen, des experts comme Mostafa Chehhar du Groupe Crédit Agricole préconisent de se tourner vers le continent africain via la ZLECAF. Ils défendent le maintien des cultures d’exportation, à l’image de l’avocat dont les volumes ont doublé en cinq ans, rappelant que ces filières apportent des devises essentielles à la compétitivité de l’agriculture nationale.