Les producteurs d’avocats marocains bloquent l’export
La campagne d’exportation de l’avocat connaît un blocage important au Maroc. Confrontés à une saturation du marché européen et à des tarifs jugés insuffisants, la majorité des producteurs ont décidé d’arrêter le ramassage des fruits en attendant une conjoncture plus favorable.
L’activité est quasi nulle dans les exploitations indépendantes. Alors que la saison a officiellement débuté, seuls les grands groupes disposant de leur propre circuit logistique poursuivent les expéditions. Cet arrêt volontaire résulte d’un désaccord tarifaire : les agriculteurs exigent des revenus équivalents à ceux de l’an passé, une demande que les exportateurs rejettent, affirmant ne pas pouvoir s’aligner en raison de la baisse actuelle des cours en Europe.
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La situation est paradoxale car la production nationale présente cette année un profil qualitatif élevé, indique Fresh Plaza. Les températures excessives de l’été ont réduit les rendements, ce qui a permis aux fruits restants de bénéficier de plus de nutriments et d’atteindre des calibres importants.
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Si ces gros fruits constituent habituellement un avantage commercial, ils ne suffisent pas à contrer la concurrence actuelle. Un professionnel indique que l’offre sud-américaine sature le marché. Les volumes massifs importés du Pérou, du Chili et de la Colombie tirent les prix vers le bas. Face à cette réalité, la filière marocaine a opté pour l’attente. Les producteurs espèrent que les stocks concurrents diminueront d’ici janvier, permettant une reprise des ventes après le ralentissement habituel de la consommation en décembre.