Pourquoi l’avocat marocain flambe soudainement sur le marché
Les producteurs marocains d’avocat reprennent la main. Après avoir frôlé la crise face aux exigences des acheteurs européens, la filière profite d’un rebond inattendu grâce à la demande intérieure. L’anticipation du Ramadan relance la machine et fait grimper les cours à la ferme de plus de 15 %.
La dynamique s’est inversée en l’espace d’une semaine. Abdelkrim Allaoui, président de l’Association des producteurs du Gharb, confirme auprès de Fresh Plazza, que les prix ont bondi de 15 % depuis début décembre. Ce regain d’activité s’explique par un moteur interne puissant : les commerçants marocains constituent massivement leurs stocks en prévision du mois sacré. Cette demande locale très active absorbe les volumes et pousse les agriculteurs à accélérer de nouveau la cadence des récoltes, laissant présager une fin de saison plus précoce que prévu.
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Ce scénario tranche avec le blocage du début de campagne. Il y a peu, le marché européen, saturé par les offres tardives du Pérou et du Chili, tentait d’imposer une baisse drastique des tarifs, parfois en dessous des niveaux de l’année précédente. Les acheteurs étrangers exerçaient une pression constante pour tirer les prix vers le bas, profitant de l’abondance temporaire de l’offre latino-américaine.
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Face à cette tentative de dévaluation, les exploitants marocains avaient opté pour la résistance en freinant volontairement la cueillette. Cette stratégie de rétention a payé. Aujourd’hui, avec des fruits de bon calibre et d’excellente qualité, la profession défend mieux ses marges. Le marché intérieur offre désormais une alternative crédible qui permet de valoriser la production nationale sans céder aux pressions baissières de l’export.